La douleur, ça rapproche? [Nao et Lucas]

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La douleur, ça rapproche? [Nao et Lucas]

Message  Naomie June le Mer 24 Avr - 0:51

La douleur ça rapproche ?
la bombe humaine tu la tiens dans main, tu as l'détonateur juste à côté du coeur


L'amour, c'était un truc incompréhensible. En fait, pour Nao, c'était même un truc qui n'existait pas. Tout simplement parce qu'elle n'en avait jamais eu la preuve. Au mieux, c'était ce qui lie deux frères, ou un parent avec son enfant. Enfin pour la plupart des parents... Chez elle, elle n'avait jamais connu ça. Mais l'amour entre deux être, le vrai, comme celui qu'on lit dans les livres, ça reste juste... dans les livres. Comment ça pouvait être possible que deux êtres s'attirent au point d'en oublier tout le reste ? Au point d'être prêt à renoncer à tous ses principes, ses but, ses rêves ou même à mourir pour une personne ? C'était complètement absurde comme point de vue ! Définitivement non, l'amour n'existait pas. On le faisait croire pour que les enfants grandissent dans l'hypothèse de tomber un jour amoureux, garder à l'esprit qu'il existe quelques choses de merveilleux sur terre. Mais non, ce n'était pas réel. Au mieux, on éprouvait de l'attirance. Oui, maintenant elle en était sûr. C'était juste de l'attirance qu'elle ressentait pour Black. De l'attirance est rien d'autre. Il l'attirait seulement plus que les autres c'est tout.

Naomie était complètement plongée dans ses pensées alors qu'elle marchait, un livre ouvert dans les mains, tentant de lire le cours en avance pour le comprendre mais n'arrivant décidément pas à se concentrer. Elle marchait dans le parc, sous un ciel gris mais sans pluie, avec un léger vent qui faisait voltiger sa jupe. La belle affaire, elle avait d'autres choses à penser qu'empêcher sa jupe de voler. Comment avait-elle pu en arriver là ? Pourquoi, du jour au lendemain, avait-il envahi toutes ses pensées ? Il n'était qu'un gars parmi tous les autres, parmi tous ceux qu'elle fréquentait et d'ailleurs elle n'avait pas l'intention d'arrêter ! En plus elle en connaissait des plus gentils et plus attentionnés que lui. Comment un garçon aussi sûr de lui, fier, arrogant, et irresponsable pouvait autant l'attirer ? C'était à en devenir folle !

Elle n'eut pas le temps de trouver la réponse à toutes ses interrogations. Même si elle ne lisait pas le livre malgré le fait que ses yeux le parcourent depuis plus d'un quart d'heure, elle le vit bien disparaître de ses mains, voler tranquillement pour aller atterrir dans les mains d'un garçon plus loin. Nao releva les yeux et fronça les sourcils, s'apprêtant à laisser évacuer sa rage. Elle détestait tant qu'on touche à ses livres ! Mais elle eut à peine entrouvert les lèvres qu'elle les referma aussitôt quand elle se rendit compte qu'elle était face à une bande de Serpenatard. Elle les dévisagea tous du regard avant d'en reconnaître un parmi tous. Elle se souvenait de lui pour avoir été enfermée par ses soins, sous les ordres d'Astrid bien entendu, dans les toilettes de Mimi Geignarde. Elle y était restée pendant des heures, personne ne s'étant inquiété de sa disparition. Son regard resta posé sur lui quand il s'approcha, son livre dans les mains. Il se planta devant elle et la fixa avec un regard moqueur, brûlant son livre devant elle. Nao regarda son livre partir en fumée et gémit, les larmes aux yeux. Elle n'avait pas grand chose à elle. Ses livres étaient vraiment la seule choses à laquelle elle tenait. Elle attrapa sa baguette, mais avant qu'elle ait put faire quoi que ce soit, le Serpentard lui attrapa les cheveux, zone particulièrement sensible chez elle. Il la traîna jusqu'aux autres et Nao perdit sa baguette, se débattant de toute ses forces alors que des souvenirs atroces lui revenaient en mémoire.

Le reste ne fut qu'une succession d'image et de bruits, tous succins et peu descriptibles. Tout se confondait en elle, le moment présent et le passé. Plus on lui tirait les cheveux et plus elle se sentait partir. Elle ressentit des coups et lorsqu'on pointa une baguette sur elle, elle vit son père tenant la baguette. Elle cria de peur, se revoyant enfermé dans le placard. Puis sa sœur, ses jouets cassés, de nouveau le placard, le parc de Poudlard, les Serpentard, des coups par son père, le placard... Puis le noir total. Elle ressentit un choc quand elle s'écrasa au sol et se sentit partir au plus profond de son âme, dans ses cauchemars et ses peurs, sous le rire des Serpentard qui l'entouraient.


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Re: La douleur, ça rapproche? [Nao et Lucas]

Message  Lucas Crawd le Jeu 25 Avr - 15:55





Lucas était encore une fois sorti. Il avait besoin de prendre l’air ces temps-ci. Il avait dont pris un livre et c’était installé tranquillement dans la pelouse. Il regardait aussi les personnes se balader. Elles avaient bien de la chance de n’avoir rien en tête, pas de soucis. Seulement, s’il faisait bien attention, on pouvait voir que les visages n’étaient plus aussi joyeux que quelques semaines auparavant. Les rumeurs d’une armée noire en construction faisait peur à tout le monde, plus encore ceux qui venaient d’une famille sans magie. Il n’était pas le seul à souffrir, il devait se rappeler de ce détail s’il ne voulait pas devenir blessant. Il fallait qu’il arrête de se plaindre toutes les deux minutes et qu’il se mette sérieusement au travail pour apprendre à se battre.

Ainsi, il avait dans les mains un vieux livre étudiant différents sorts plus ou moins puissants. Il devait les apprendre, tous. Il devait savoir ce qu’ils faisaient et comment les utiliser. La pratique viendrait plus tard dans la journée ou dans la semaine, avec des personnes motivées peut-être. Il ouvrit le livre à une page quelconque et commença la lecture : Ignis, pas besoin d’en savoir beaucoup plus, il l’avait déjà utilisé. Lashlabask, le poufsouffle le connaissait déjà pour l’avoir étudier quelques mois auparavant. Serpensortia, c’était une blague magique du manuel ou quoi ? Lucas le ferma brusquement et fut complètement détruit en voyant qu’il avait pris le manuel de révision des sors des sixièmes années. Il était vraiment ailleurs ces temps-ci. Comment avait-il fait pour ne pas remarquer ce qu’il avait emprunté ? Qu’est-ce qui pouvait bien le perturber à ce point ?

Il releva la tête en soufflant. Il la prit dans ses mains et se laissa aller. Il n’en pouvait plus. Il n’avait même pas envie d’être en vacances, il ne voulait pas retourner à l’orphelinat. Quoique, il n’était pas obligé d’y retourner sachant qu’il serait majeur dans quelques semaines, cependant il ne savait pas où aller autrement. Il n’avait pas envie d’y réfléchir pour l’instant, mais maintenant il se posait tellement de questions sur les prochains mois. Est-ce qu’il verrait Xenia ? Pourrait-il le faire sans la mettre en danger, ou valait-il mieux qu’ils se séparent pour de bons ? Qui serait en sécurité loin du château ? Que faire de sa vie après les études ? Fallait-il seulement les finir ? Est-ce que son père était toujours vivant ? Qu’est-ce que son père venait faire là-dedans ? Il l’avait totalement oublié depuis l’attaque, il était tout simplement sorti de ses esprits.

Il ressortit très vite de son esprit lorsqu’il retrouva la vue et vit une bande de serpentard au loin. Il était toujours à l’aguet lorsqu’il en voyait, soit pour voir si Xenia était dans les parages, soit pour examiner s’ils pouvaient être des dangers recrutés par les mangemorts. Il ne put que voir un livre partir en fumée ce qui n’était pas bon signe. Avaient-ils encore pris un première année comme victime ? il se leva pour essayer de mieux observer. Il vit soudain un serpentard tirer par les cheveux une jeune fille de son âge. Il s’élança vers eux, furieux. Il revoyait les orphelins l’obliger à récurer le sol tandis qu’ils en profitaient pour lui lancer de la nourriture. Il se prenait des coups de pieds au passage. Ces serpentard n’étaient que des minables qui auraient pu être amis avec eux, seule la violence gratuite les faisait sourire.
Lâche-là ! Lâche-là ou tu vas le regretter !

Lucas venait d’arriver face à eux. Ils étaient assez nombreux mais il n’y faisait pas attention. Il avait dû faire face à beaucoup plus de morveux à une certaine époque. Il ne les laisserait pas continuer à faire leur loi ainsi. Il serra les poings.

Et que vas-tu faire, poufsouffle ? Tu vas te battre ?

Le dit poufsouffle envoya son poing dans son nez. Il crut entendre un craquement venir de son visage. La jeune fille se fit envoyer valser alors que la victime se retrouvait avec plein de sang sur le visage. Lucas savait qu’il était dans une mauvaise position. Il allait subir les conséquences de son acte, mais quelle importance ? N’était-ce pas ce qu’il recherchait après tout ?

Apparemment ! Vous allez faire quoi maintenant ? Incarcerem !

Il visa le vert et argent blessé, il avait l’air d’être le chef de la bande et surtout le plus violent. Maintenant, il n’y avait plus qu’à espérer qu’il réussisse et que les autres fuient, même si ce n’était qu’un rêve. Mais avec un peu de chance, la demoiselle réussirait à reprendre le contrôle et l’aider, c’était la meilleure façon de vaincre la peur !

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Message  Maître Jeu le Jeu 25 Avr - 15:55

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Re: La douleur, ça rapproche? [Nao et Lucas]

Message  Naomie June le Mar 14 Mai - 21:19

La douleur ça rapproche ?
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Le noir, elle détestait ça. Pour elle ça avait toujours été synonyme d'enfermement, de suffocation, de punition, de coups. Alors même la nuit, avant de s'endormir, elle vérifiait toujours qu'au moins un fin rayon de lune passait à travers les fenêtres avant de pouvoir se laisser aller dans le sommeil. Ce n'était pas très glorieux pour une fille de son âge. Elle était déjà assez réputée pour être mauvaise en défense alors si les gens savaient qu'elle avait peur du noir, elle serait encore plus vue comme une incapable. Nao était loin d'être mauvaise en sortilèges, sont problème avait toujours résidait dans sa peur. Elle savait qu'elle était, sinon puissante, assez forte. Mais la peur la figeait toujours sur place et lorsqu'il était question de se défendre face aux autres, trop de souvenirs ressassaient à chaque fois et elle était comme figée. Et aujourd'hui, c'était encore le cas. Alors qu'elle avait été plongée dans ses pensées, une bande de Serpentard c'était de nouveau attaquée à elle. Il est vrai que depuis un bon moment elle était assez tranquille de ce côté-là. Les Serpentard n'avaient jamais cessé de l'embêter, mais le départ d'Astrid avait bien ralentit leur cadence. A moins qu'ils ne commencent à manquer d'originalité ou à se lasser? Comme elle aurait dû s'y attendre, à peine l'un de la bande avait-il pointé sa baguette vers elle, qu'elle était tombée dans les pommes, inconsciente. Elle s'était souvent dit qu'au moins, elle ne subissait pas en direct ce qu'ils lui faisaient. Pourtant, maintenant, elle aurait aimé être capable de se défendre, de prouver à tous qu'elle n'était plus la petite fille peureuse entrée à Poudlard presque six ans en arrière, qu'elle avait grandi, mûri, et qu'aujourd'hui, elle n'avait plus à être la cible d'une envie d'amusement mal placée. Pourtant, elle n'avait pas eu le temps de réagir qu'elle était déjà en train de se battre avec ses démons intérieurs, plongée dans des souvenirs qu'elle aimerait pouvoir un jour effacer.

Mais cette fois, alors que Nao se débattait intérieurement, quelques choses fut différent. Elle ne se sentit pas seule. Quelques choses l'obligea à refouler l'obscurité qui l'entourait et à s'éveiller, à faire face au monde, face à sa peur. Naomie n'était restée que quelques secondes au sol lorsqu'elle ouvrit les yeux. Elle cligna des paupières, comme si elle s'éveillait d'un rêve et se redressa sur les coudes. Elle retint alors sa respiration en voyant la scène face à elle. Elle comprenait maintenant pourquoi elle n'avait pas ressenti l'habituelle douleur des coups qu'on lui donnait. Un Poufsouffle qu'elle ne connaissait pas se tenait droit devant le Serpentard qui l'avait traînée par les cheveux. Il lui tenait tête et ne semblait pas avoir peur des représailles. Seulement, le sort qu'il lança échoua. Mais, loin d'être défaitiste, Nao en profita. Les Serpentard riaient et semblaient décidés à humilier le jeune homme, ce qui laissa à Nao le temps de réagir. Tout sembla durer une éternité pour elle, mais finalement, à peine une seconde plus tard, elle s'était relevée. Elle se passa la langue sur la lèvre inférieure, qui était légèrement ouverte, pour récupérer une goutte de sang qui coulait, puis elle fit un pas sur le côté, récupérant sa baguette tombée au sol. Elle réfléchit aussi vite qu'elle le pouvait et fut rapidement tentée de s'enfuir discrètement. Mais elle inspira et vint bravement se placer aux côtés du Poufsouffle, serrant les doigts sur sa baguette pour empêcher sa main de trembler. Elle fronça les sourcils en fixant le Serpentard qui avait maintenant le nez ensanglanté et elle lui sourit ironiquement:

« Moi qui croyait que ta face ne pouvait pas être pire que ce qu’elle était… On dirait qu’il a réussi à me prouver le contraire. »

Nao inspira un grand coup, prête à réagir s’il le fallait. Elle ne savait pas comment se sortir de cette situation mais partir en courant ne semblait pas être une bonne idée. Elle répertoria dans son esprit tous les sorts qu’elle connaissait et qui pourrait être utiles mais se mordit la joue, ayant comme toujours peur que ça rate. Pendant quelques secondes, elle eut l’impression que le temps s’était arrêté. Elle retenait son souffle, attendant de voir la réaction des verts et argent, et réfléchissait à toute allure à une issue possible. Elle croisa le regard de celui qui était le plus en avant des autres et elle sentit ses entrailles se tordre en voyant la haine qu’il ressentait envers elle. Elle était presque palpable. Nao retint un sanglot. Elle comprenait beaucoup de choses, mais elle n’avait jamais compris pourquoi tant de gens la haïssaient alors qu’ils ne la connaissaient pas. Elle détourna le regard et vit un tas de cendre à ses pieds, parmi lequel on pouvait encore discerner quelques pages, quelques centimètres carrés qui n’avaient pas brûlés. Son cœur se serra à la vision d’un de ses propres livres dans cet état. Elle fronça les sourcils, se baissa en un clin d’œil, ramassa une poignée de cendres. Elle se redressa et jeta les cendres au visage du Serpentard qui grogna et se mit à l’insulter alors que les autres rageaient et tentaient de l’attraper. Avant même que qui que ce soit ait pu réagir, Nao attrapa le poignet du Poufsouffle et l’entraîna plus loin en courant le long des murs du château, se fichant d’avoir mal à la lèvre à cause de sa coupure. Elle courut rapidement, aussi vite qu’elle le pouvait, sans lâcher la main du garçon, partant vers le lac, se rapprochant d’un groupe de professeurs qui se baladaient plus loin. Une fois assez prêt des professeurs pour être en sécurité, au moins quelques minutes, elle relâcha le jeune homme et s’arrêta, essoufflée. Nao se mit à marcher à quelques mètres des enseignants pour reprendre son souffle. Elle pouvait passer pour une froussarde, elle s’en fichait bien. Elle n’était pas d’humeur à tenter l’impossible pour elle et préférait la sécurité pour le moment. Enfin, elle se souvint qu’elle avait mêlé quelqu’un à sa fuite lâche. Alors, Naomie se tourna vers le Poufsouffle, le jaugea du regard pour tenter de le reconnaître et gémit légèrement, baissant les yeux, honteuse :

« Désolée de t’avoir mêlé à ça. Mais… merci pour l’aide. »


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Re: La douleur, ça rapproche? [Nao et Lucas]

Message  Lucas Crawd le Dim 26 Mai - 21:11



Lucas ne savait pas ce qui le prenait. Il n’avait jamais pris ce genre d’initiative auparavant. Il n’avait jamais été provoqué un groupe de jeunes violents durant toutes ces années passées à Poudlard. Le seul moment où il s’était rebellé, c’était face à ces idiots d’orphelins. Il en avait eu marre d’être la victime, la tête de mule de ces enfants abandonnés. Il avait été une cible trop facile durant son enfance. Cependant, il avait vite compris que ce n’était pas en se terrant dans ses cachettes qu’il enlèverait la peur. Il avait passé tellement de temps dans son placard dans sa chambre, cherchant un endroit calme où on ne viendrait pas l’embêter. Il avait toujours souhaité un lieu de paix où il ne recevrait pas de coups. Jamais il n’avait pu en trouver un qui durait. Même dans les rues de Londres, ils arrivaient à le retrouver et le hanter. Jamais il ne pouvait faire toutes ses corvées sans tortures en plus. Mais, une fois que Xenia était apparue et surtout une fois que Poudlard était arrivé dans sa vie, beaucoup de choses avaient changés. Au départ, il se sentait juste plus puissant et cela l’aidait à revenir dans l’orphelinat avec courage. Malheureusement, il revenait la rentrée suivant comme un trouillard. Il lui fallait toujours des semaines pour s’en remettre. Il manquait des mois de joie. Xenia n’en pouvait plus de le voir ainsi mais elle n’avait pas le choix, elle avait promis. La simple pensée de l’été le mettait mal. Il n’en pouvait plus d’être terrifié, d’avoir peur sans arrêt. Il ne savait pas comment arrêter cela. Jusqu’à ce qu’il se retrouve devant eux et se batte. Il n’avait pas lâché. Il les avait massacré jusqu’au dernier. Il ne leur avait pas fait mal plus que cela, juste assez pour qu’ils ne l’approchent plus directement. L’orphelinat avait fini en lieu de guerre pendant tout un été, mais au moins, il était revenu confiant et heureux à l’école. Il n’était plus le même. Il n’avait plus peur. Il l’avait surpassé de tout son être.

Et là, il revoyait la même peur sur le visage de la jeune fille évanouit. Il ne savait pas d’où elle venait cette crainte, mais il n’appréciait pas la voir. De plus, trouver d’autres idiots pour faire la même chose à une fille en plus, ce n’était pas concevable. Les jeunes n’apprenaient donc jamais. C’était pourquoi il avait foncé tête baissée. Il ne pensait pas réussir à les battre seul à cause de la magie commune entre eux, mais il voulait montrer à la serdaigle qu’elle devait se battre. Il ne pouvait pas la voir se laisser terrifiée par cette sensation. Il la connaissait, il la détestait. Elle lui faisait parfois faire des cauchemars encore, mais il savait que c’était fini. Une pointe de joie l’envahit en la voyant se lever. Son sort n’avait pas fonctionné, mais elle faisait face, elle n’abandonnait pas. Il sentait qu’elle n’était pas bien, qu’elle ne voulait pas faire ça, mais elle résista. Il resta planté là, baguette relevée. Les serpentard se moquaient de lui, le croyant faible. Seulement, comment pouvaient-ils savoir s’il avait loupé intentionnellement ou non ? Ils ne connaissaient pas son pouvoir et ils ne devaient pas lire les journaux s’ils pensaient qu’il n’était qu’un faible. Il était bien facile de rigoler face à un élève, beaucoup moins face à un mangemort. Alors ce n’était pas ces pauvres créatures soi-disant sans cœur qui allait le faire fuir. Un sourire mauvais s’afficha en entendant la blonde : elle avait de la répartie en vrai.

Le poufsouffle tint sa baguette prête tout en réfléchissant à des sorts de défense et de combats. Ils étaient plus nombreux, mais il était certain qu’à eux deux, ils pouvaient les vaincre. La victime n’avait pas l’air sans pouvoir, bien au contraire, seule la peur donnait cette impression. Il savait ce quels dégâts elle provoquait. Il eut donc directement confiance en sa partenaire. Il n’aurait peut-être pas dû. Il la vit jeter au visage du « chef » un tas de cendre. Il faillit rigoler face à son expression, mais se retint pour se concentrer. Seulement, au même moment, une main l’attrapa et l’attira pour une fuite digne de ce nom. Il ne put faire autre chose que courir à toute allure, suivant une trainée de cheveux blonds. Il fut tellement stupéfait qu’il suivit sans prononcer un mot, sans protester. Ils finirent par s’arrêter dans les pelouses. Lucas vit rapidement un groupe de professeurs pas très loin d’eux. Il fronça les sourcils. Ils venaient de fuir. Il avait l’impression qu’il venait de se rabaisser à un faible, chose qu’il ne supportait plus. Il n’appréciait pas beaucoup qu’on le considère comme un lâche. Il l’avait été, mais il avait dépassé ce stade. Cela lui apportait des ennuis par moment, mais il s’en moquait. Au moins, il ne se laissait plus traiter comme elle. Il croisa les bras, attendant une explication. Elle ne put que le regarder et baisser les yeux. Elle n’avait pas l’air très à l’aise. Il ne manquerait plus qu’elle soit fière de sa fuite !
C’est tout ce que tu trouves à dire là ? Tu ne trouves pas ça un peu court ?

Il souffla brusquement et leva les bras en l’air en signe de désespoir. Il n’en revenait pas. Il était prêt à se battre pour elle et rien. Il ne lui en voulait pas vraiment, cela l’exaspérait. Il la regarda droit dans les yeux :

Je connais ta peur, je sais ce que c’est. Je ne sais pas pourquoi cela te met dans cet état, je ne sais absolument rien sur toi. Par contre, ce que je sais et écoute-moi bien, ce que je sais c’est que tu n’aurais jamais dû fuir ! Tu avais l’occasion rêvé de vaincre ce qui te pétrifie ! Se battre contre eux, même si tu perdais, cela t’aurait forcé à te battre contre ta crainte ! Et tu viens de tout gâcher…

Il arrêta de parler pour lui laisser le temps d’entendre. Il avait l’impression de casser un peu son intimité. Il était peut-être un peu violent dans son ton, mais il n’y prêtait pas attention. Il fallait qu’elle comprenne qu’elle avait fait une bêtise et qu’elle risquait de le regretter. Il reprit avec plus de douceur :
Je peux comprendre que ces serpentard ne sont pas des plus sympathiques, mais je crains que la prochaine soit pire que ça. Ils vont profiter de ta faiblesse pour l’empirer au fur et à mesure. Je voulais juste t’aider à arrêter cela au plus vite, c’est tout.
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Re: La douleur, ça rapproche? [Nao et Lucas]

Message  Naomie June le Sam 29 Juin - 0:36

La douleur ça rapproche ?
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La jeune Serdaigle connaissait la peur depuis longtemps, ce n'était pas un sentiment étranger pour elle. Depuis peu, elle tentait d'y faire face, de l'ignorer autant qu'elle le pouvait mais dans certains cas, ça devenait impossible pour elle. En général, elle préférait s'isoler et subir ce sentiment infect seule dans son coin, repliée sur elle-même. Mais plus elle grandissait, et plus elle se rendait compte à quel point tout cela la rognait de l'intérieur. Depuis le départ de sa sœur, elle tentait de se reprendre et de faire face à tout cela d'une façon ou d'une autre. Les nouvelles rencontres qu'elle avait fait l'y aidait particulièrement. Mais aujourd'hui, elle était obligée d'admettre que tous ses efforts ne valaient pas grand chose finalement tant qu'elle ne trouvait pas le courage d'y remédier. Elle avait beau savoir, se rendre compte que tout cela ne valait pas la peine d'en faire un plat, elle était incapable de se prendre en main en temps réel pour faire de ses frayeurs des événements dérisoires. Ainsi, lorsqu'elle se trouvait en présence d'un ou deux Serpentard, elle réussissait de plus en plus à leur face et à répliquer à leurs moqueries, voire à se défendre s'il le fallait, mais lorsqu'ils étaient plus de deux, Nao restait terrifiée et incapable d'agir. Tout cela continuait de lui poser problème plus qu'elle n'était capable de l'avouer.

Ce jour là encore, elle s'était retrouvée en fâcheuse posture et ne s'en était sortie qu'en prenant la fuite. Et elle avait entraîné avec elle la seule âme généreuse du parc qui lui était venue en aide. Sans vraiment le vouloir, elle l'avait ainsi fait fuir également, comme un lâche, à sa suite. Elle l'avait fait courir avec elle, courant se mettre à l'abri, sans penser une seule seconde qu'il soit possible que les autres personnes ne soient pas aussi peureuse et lâche qu'elle. C'est donc avec honte qu'elle lui avait adressé la parole, ne sachant de toute façon pas comment se racheter. Ce Poufsouffle qu'elle ne connaissait pas l'avait aidé et pour le remercier elle l'avait fait passé pour un grand peureux. Tout en marchant, elle enroula ses bras autour d'elle-même, marchant la mine basse, se faisant réprimander sans broncher. Elle entrouvrit les lèvres à sa première remarque, prête à se défendre, mais finalement, elle ne trouva rien à dire sans se décrédibiliser. Elle se contenta de se mordre la lèvre et de fixer le sol en décroisant ses bras et en entortillant les doigts dans les plis de sa jupe, mal à l'aise. Elle l'écouta parler ensuite, et se redressa légèrement en sentant que son ton s'était un peu adouci. Elle croisa son regard et le soutint même si elle avait du mal. Elle fronça les sourcils en se rendant compte qu'il avait raison. Elle se mordit l'intérieur de la joue parce que ce n'était pas facile de se prendre dans la tête tout ce qu'on savait déjà sans pouvoir y faire face. Se battre, quite à perdre ? Elle avait déjà perdue tant de fois face aux serpents. Elle ne savait pas si elle était capable de subir encore et encore. Elle le fixa en fronçant les sourcils :

 « Je... »

Nao ne trouva pas les mots convenable pour s'expliquer, un peu perdue en elle-même. Comment pourrait-elle s'expliquer face à quelqu'un qu'elle ne connaissait pas ? Et puis pourquoi le devait-elle ? Elle gémit en se rendant compte qu'elle lui devait bien ça après tout... Elle échappa un soupir et l'observa à travers ses cils, timide :

 « Je suis vraiment désolée de t'avoir mêlé à ça. »

A la suite, elle haussa cependant un sourcils, reprenant un peu plus de confiance en elle au fur et à mesure qu'elle s'éloignait des Serpentard. Elle soupira, afficha un regard blasé en prenant un air ironique et fatigué :

 « Pire ? Je sais pas si c'est possible. »

Puis elle s'arrêta enfin, s'appuyant sur un arbre en le jaugeant du regard. Elle prit un air désolé et haussa les épaules :

 « J'ai pas envie de me battre. Ca sert à rien avec eux. »

Naomie se mordit la joue et le fixa de nouveau, donnant l'impression d'hésiter, puis elle afficha un léger sourire en coin, ne sachant pas trop quoi faire. Elle n'avait qu'un envie, partir dans sa salle commune pour se recroquevillée sur elle-même. Elle avait envie de pleurer pour son livre, de pleurer pour être tombée nez à nez avec des Serpentard, de pleurer pour avoir fuit encore, de pleurer pour s'être fait remontée les bretelles, et de pleurer parce que tout cela la faisait pleurer. Elle soupira  à cette pensée, se trouvant pathétique, mais se contenta de rester là pour ne pas paraître plus pitoyable qu'elle ne l'était déjà.



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Re: La douleur, ça rapproche? [Nao et Lucas]

Message  Lucas Crawd le Jeu 4 Juil - 15:51


Lucas ne savait pas vraiment comment faire avec cette jeune fille. Elle n’avait pas l’air bien et il l’agressait lui aussi. Il savait qu’il avait raison de s’énerver de la façon dont tout s’était déroulé. Cependant, il sentait aussi que c’était une mauvaise idée de faire comme ces serpentard. Elle semblait toujours être sous le choc. Elle risquait de penser qu’elle avait été sauvée pour vivre pire tout de suite après. Or ce n’était pas du tout le cas. Il avait donc baissé son ton au fur et à mesure de ses paroles. Il se voulait gentil mais expressif. Il avait l’impression de revoir la dernière fois qu’il avait réellement eu Gabrielle avec lui. Il avait exactement les mêmes doutes à son sujet. Il avait laissé partir sa meilleure amie. Il le regrettait encore aujourd’hui. Il ne voulait pas faire la même erreur. Il ne connaissait pas la serdaigle, mais il devait savoir s’il avait raison ou pas. Il devait savoir si la peur qu’il voyait chez elle était vraiment semblable à celle qu’il avait vécue. Si c’était le cas, il devait également l’aider à la surmonter. Il savait que cela pouvait vous mettre complétement à plat. On ne peut plus vivre, on ne peut plus rire. On est anéanti à jamais. Cela l’avait toujours éloigné des personnes. Sa confiance en avait subi les conséquences. Il ne souhaitait pas que quelqu’un d’autre vive la même chose. Plus encore, il ne souhaitait pas rester sans rien faire s’il se doutait de quelque chose. Il l’avait fait une fois, mais pas deux.

Silencieux, il attendait de voir comment elle allait réagir. Elle semblait perdue. Elle ne réussit pas à lui répondre tout de suite. Elle finit par s’excuser, une nouvelle fois. Seulement il ne comprenait pas pourquoi. Elle n’était pas responsable du fait que des idiots verts viennent la martyriser. Il ne l’avait pas vu les provoquer. Surtout, vu son état actuel, il ne voyait pas comment elle aurait pu aller les chercher pour qu’elle en souffre. Et puis, ce n’était pas elle qui l’avait obligé à intervenir. Il était venu tout seul, comme un grand. Elle ne pouvait pas être désolée du fait qu’il cherche les problèmes. S’en était presque déprimant de l’entendre s’excuser. L’envie de lever les yeux au ciel ne l’aidait pas à garder son calme. Allait-il s’en sortir avec elle ? Rien n’en était moins sûr.

Quoique, son attitude semblait changer un peu. Elle reprenait des forces, de la confiance. Il fallait dire qu’ils étaient maintenant bien éloignés des brutes et lui-même s’était radouci tranquillement. Le fait qu’il y ait des professeurs devaient également aider grandement. Mais il se moquait des raisons, il était juste content du changement qui avait lieu. Il pourrait parler plus librement et avec plus de conviction. Il eut presque envie de rire face au ton qu’elle finit par prendre en vue de son avertissement. Ce qui l’en empêcha était le fait qu’elle abandonnait avant même que ça arrive. Elle s’y habituait sans se battre. Elle le confirma avec ses dernières paroles. Elle ne reprenait pas confiance en fait, elle se laissait aller. Il fronça les sourcils, n’appréciant pas cette attitude. Il n’eut le droit qu’à un minuscule sourire. Comment pouvait-on être aussi défaitiste ? Il savait qu’il l’avait été, mais il ne pouvait pas croire qu’il en était à ce point. Xenia l’aurait détruit sur place s’il avait passé toutes ses journées dans cet état. Il n’avait pas le choix que de bouger, de sourire, de s’amuser, au risque de se prendre de petits coups. D’une voix neutre, il commença par dire :

Tu penses que ça ne peut pas être pire ? Tu le penses vraiment ou tu veux te convaincre toi-même ?

Il la regarda directement dans les yeux. Il connaissait la réponse, mais il n’était pas sûr qu’elle le sache. Il devait lui montrer les choses en face, quitte à avouer quelques détails de sa vie personnelle. Il n’en était plus à ça près. A l’époque, il avait peur de perdre son seul endroit pour vivre l’été, mais maintenant, il était majeur, il pouvait aller où il voulait.

Et s’ils débarquaient au milieu d’un couloir vide, te coinçaient et t’enfermaient avec eux dans une classe vide ? Ça ne pourrait pas être pire ? Qu’est-ce qu’il se passerait si tu t’évanouissais dans cette situation ? Personne ne pourra venir te sauver et tu ne le pourras pas toi-même ! C’est ça que tu veux ?

Il se rapprocha doucement d’elle. Il ne savait pas ce qu’il faisait. Il devait lui faire peur avec ses sous-entendus. Peut-être était-ce le but, peut-être qu’il voulait la faire réagir.

Comment pourrais-tu fuir cette fois-ci ? Comment tu feras pour sauver ce joli visage ?

Avec ses paroles, il lui toucha doucement la joue. Le geste était doux et sans danger. Il devait avoir l’air de la draguer, mais il voulait juste lui montrer de façon très réduite ce qu’il pourrait se passer. Il enleva très vite sa main, s’éloignant d’un pas.
On ne sait pas jusqu’où ils seraient prêts à aller ces gens-là ! Ils sont fous ! Ils ne réfléchissent pas à leurs actes, ils font c’est tout ! Ils sont les meilleurs pour te piéger, pour te faire du mal ! Chaque nouvelle prise, ils réussissent à trouver tes failles, à te faire de plus en plus peur ! Ils ont vu ta réaction face à la destruction de ton livre, ils vont détruire tout le reste de ta bibliothèque dès qu’ils en auront l’occasion ! Ils détruisent chaque chose auquel tu tiens… D’abord ton matériel… Puis tes objets de valeurs… Et finalement toi ! Tout ça en remettant la faute sur toi et en faisant en sorte que tu sois puni et que tu fasses tout le travail d’esclave !

Sa voix s’était cassée au fur et à mesure de son discours enflammé. Elle était devenue triste et lointaine. Il finissait plus par parler de lui qu’elle. Ses yeux montraient sa fureur. Ils étaient un peu humides face à l’humiliation qui le poursuivait encore aujourd’hui. Il se souvenait des heures de ménages qu’il avait dû faire alors qu’il s’était fait humilié de la pire manière. Reprenant le contrôle, il demanda d’une voix énergique et sûre :

Veux-tu être détruite ? Veux-tu continuer à te cacher dans ta salle commune ? A pleurer dans ton coin de ton malheur ? Ou veux-tu que je t’aide à combattre ?
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Re: La douleur, ça rapproche? [Nao et Lucas]

Message  Naomie June le Dim 11 Aoû - 18:13


La douleur ça rapproche ?
la bombe humaine tu la tiens dans ta main, tu as l'détonateur juste à côté du coeur



Toute sa vie n’avait été, jusqu’à maintenant, qu’une suite de fuites, de peurs, de trahisons, de haine,  de pleurs et de mensonges. Elle avait toujours menti à tout le monde, même à elle-même. Elle portait un masque depuis si longtemps qu’elle n’était même pas sûre de se souvenir de ce qui se cachait en dessous. Les Serpentard avaient beau l’avoir toujours effrayée, loin d’eux elle tentait continuellement de mener la danse. Elle souffrait en silence, faisant souffrir les autres en brisant des amitiés ou des amours naissant, et pourtant, cela la blessait elle aussi. Elle se rendait compte de ce qu’elle faisait, mais étrangement, ça avait le don de lui faire oublier ses propres souffrances. Elle préférait devoir affronter la culpabilité plutôt que sa propre douleur chaque jour. Mais pas de chance, aujourd’hui, tout cela avait refait surface et elle avait dû se montrer sous son jour le plus pitoyable devant quelqu’un qu’elle ne connaissait même pas. Et comble du bonheur, il s’en donnait à cœur joie de la placer face à ses propres erreurs pour la descendre plus bas que terre en lui montrant qu’elle avait mal agi. Si Nao se mettait à réfléchir un peu mieux, elle aurait rapidement compris que, sans même la connaître, le jeune Poufsouffle agissait ainsi pour lui faire ouvrir les yeux et l’empêcher de se morfondre dans cet engrenage infernal. Au fond d’elle, elle sentait qu’il agissait pour son bien. Mais tout son être commençait à se rebeller. Elle en avait marre après tout. Pourquoi tout le monde s’acharnait à lui crier dessus ces temps-ci ? L’écoutant à moitié parler, elle continuait de marcher, sans but réel juste celui d’activer un tant soit peu son corps. Elle fixait parfois le sol, parfois les yeux du Poufsouffle, gardant un air timide, presque soumis et désespéré. Pourtant, en elle, tout commençait à bouillir. C’en était trop. Depuis quand ça regardait des inconnus ce que Nao faisait de sa vie ? Pourquoi  s’entêtait il à lui faire comprendre qu’elle réagissait mal ? De quoi se mêlait-il ? Tout en le laissant parler, Nao serra les poings et fronça les sourcils en réfléchissant. Elle le laissa parler, sans répondre à ses questions mais l’écoutant attentivement cette fois-ci. Il voulait qu’elle réagisse ? Qu’elle arrête de se laisser faire ? Qu’elle prenne les devants ?

Enfin, il s’approcha d’elle en tentant de lui faire peur. Il suggérait l’idée qu’elle puisse se faire attaquer seule, sans personne pour la défendre la prochaine fois. Comme si ça n’était jamais arrivé en six ans à Poudlard ! Nao connaissait sans doute l’infirmerie mieux que personne. Elle savait qu’ils ne la tueraient jamais. Quel intérêt auraient-ils à faire ça ? Elle l’avait espérait tellement fort à une époque, qu’ils finissent par la tuer, mais bien entendu ça n’était jamais arrivé. S’ils la tuaient, ils ne pourraient pas la voir souffrir de ce qu’elle subissait. Ça aurait été  beaucoup moins drôle s’ils n’avaient pas pu admirer leur œuvre et la voir dépérir d’année en année. Le jeune Poufsouffle s’approcha donc d’elle, comme s’il tentait d’abord de l’effrayer. Et même si elle ne l’avouerait pas, elle était bien obligé d’admettre au fond d’elle qu’elle se sentait peu de chose face à un homme. Un geste de sa main ou un sort lancé rapidement et elle se briserait aussi facilement qu’une petite branche d’arbre.  Nao leva les yeux dans les siens, sourcils froncés, le laissant encore parler et réfléchissant à ses paroles. Plus il parlait, plus la fureur montait. Comme si elle ne savait pas tout ça ! Il s’attendait sincèrement à ce qu’elle prenne les devants, à ce qu’elle réagisse d’un coup parce qu’un inconnu bienveillant en avant soudain décidé ainsi ?

Ensuite, il effleura sa joue du bout des doigts. Naomie haussa un sourcil et se figea, comme à chaque premier contact avec un garçon. L’adrénaline circula aussitôt en elle à une vitesse vertigineuse et, même si elle avait aujourd’hui l’habitude de cette sensation, elle l’aimait toujours autant. Comme si son corps s’attendait encore à recevoir des coups, alors même qu’elle s’était prouvé depuis longtemps que la plupart d’entre eux ne lui voulaient pas de mal, bien au contraire. Comme si tout son être avait gravé en elle à jamais le souvenir d’un père qui la bat et qu’il se refusait d’admettre qu’on pouvait la toucher pour autre chose. Elle fixa le garçon dans les yeux, n’attendait cette fois qu’à moitié ce qu’il disait. Elle capta quelques mots par-ci, par-là, et tenta de les décoder. Mais elle savait qu’elle n’y arriverait pas tant que son être serait fixé sur un autre objectif. Alors, elle grogna légèrement, se hissa sur la pointe des pieds pour paraître plus grande, et haussa le ton, se mettant presque à crier, les ongles enfoncés dans les paumes de ses propres mains, furieuse :

« Je veux bien être gentille mais là tu vas trop loin !  Tu me prends pour une abrutie ou quoi ? Tu crois sincèrement que je ne sais pas tout ça ? Tu me prends pour une soumise qui est toujours restée planquée dans son coin sans jamais rien tenter ? Et bah tu te trompes ! J’en ai rien à faire de ce que tu penses de moi mais viens pas me balancer des trucs pareils dans la tête ! J’ai tout essayé avec eux et rien à marcher. »

Aux quelques souvenirs qui lui revinrent en mémoires, les larmes se mirent à couler à flot sur ses joues sans vraiment qu’elle s’en rende compte. Naomie continua de parler, toujours sur un ton de reproche, furieux, ayant cependant la voix qui tremblait. Un trop plein d’émotion et de choses à dire semblait explosait en elle sans qu’elle ne puisse rien y faire :

« Tu me prends pour une fille niaise alors va voir ailleurs si j’y suis ! Tu m’as aidé, c’est cool, j’t’en suis reconnaissante, mais t’es qui sincèrement pour venir me faire une leçon de morale ? Tu crois que je les connais pas, tu crois que je ne sais pas de quoi ils sont capables ? Ils m’ont déjà fait subir tout ça et ça pourra jamais être pire. J’ai rien perdu parce que j’ai rien à perdre à cause d’eux ! Et ça changera jamais ! »

Sur ces mots, les nerfs à vifs, le souffle coupé, toujours sur la pointe des pieds, et frustrée du contact trop bref à son goût, elle posa la main sur la nuque du Poufsouffle et l’attira à elle pour s’emparer de ses lèvres en un baiser rapide mais vif dans lequel elle fit passé sa fureur et toute la colère qu’elle ressentait à l’instant même. Elle ferma les yeux et resta contre lui pendant un temps qui lui parut être une éternité, alors qu’il n’avait duré que quelques secondes,  se concentrant sur les battements de son propre cœur. Et elle ne lâcha ses lèvres qu’une fois certaine que toutes les hormones s’étaient calmées et que con cœur avait repris un rythme normal. Là, elle reprit son souffle et se reposa correctement sur ses pieds, levant un regard brillant d’amusement, d’orgueil et de satisfaction dans le sien, plus du tout hésitante.

« Et comment tu comptes m’aider ?»



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Re: La douleur, ça rapproche? [Nao et Lucas]

Message  Lucas Crawd le Jeu 29 Aoû - 13:28


Lucas ne savait pas vraiment pourquoi, mais il ne pouvait pas laisser cette jeune fille seule. Pourtant, ça commençait à le détruire de l’intérieur de la convaincre de se battre. Tous les souvenirs, tous les coups bas, tous les coups tout court lui revenaient en mémoire. Il sentait l’énervement monté en lui. Il sentait les larmes mouillées ses yeux. Il se retenait pourtant de craquer. Il savait qu’il devait lui montrer le chemin vers le bonheur. Il savait qu’il devait se montrer fort même s’il faiblissait à chaque instant. Même s’il était un peu ailleurs, il devait se montrer présent pour cette inconnue perdue. Inconnue qui commençait à ne plus trop apprécier son manège dangereux. Il avait voulu la provoquer et il avait l’impression d’avoir réussi. Il crut même entendre un grognement ce qui le ramena sur terre en un rien de temps. Fronçant les sourcils, il l’observa. Il la vit si hisser sur la pointe des pieds afin de grandir de quelques centimètres. Cependant, cela ne la mettait pas à sa hauteur. Il était encore un peu trop grand pour ça. Un rapide coup d’œil sur l’ensemble lui permit de voir ses poings refermés avec fureur. Il se demanda un instant si elle n’allait pas le taper pour lui faire subir ça. Il ne s’en inquiéta pas plus que cela. Il savait qu’il pourrait la contrôler vu les émotions qui bouillonnaient en elle.

Ses paroles n’étaient plus que des cris. Elle semblait ne pas aimer ce qu’il sous-entendait sur elle ou du moins sur ce qu’elle avait interpréter de ses paroles. Elle n’aimait pas le portrait qu’il avait fait d’elle. Elle ne semblait pas d’accord avec lui. Enfin, elle essayait de lui faire croire cela. Pourtant, elle se trahissait dans son discours. Même son attitude montrait le contraire. Si elle n’en avait rien à faire de ce qu’il pensait, alors pourquoi essayait-elle de lui démontrer le contraire ? Pourquoi voulait-elle le faire taire ?  Et surtout, pourquoi un flot de larmes trempait son visage détruit ? Elle était mal et il semblait avoir trouvé pourquoi. Ce n’était pas un grand exploit vu ce qu’il avait traversé, mais il avait quand même découvert ce qui la terrifiait. Il se doutait qu’il était loin de tout connaître, mais c’était beaucoup plus que tous ceux qui l’entouraient. Par contre, il ne savait pas encore comment l’aider réellement. Il avait réussi à traverser cette mauvaise épreuve, mais c’était une conviction propre. Il ne pouvait rien faire si elle ne voulait pas. Or, elle était depuis longtemps dans la phase d’abandon. Au point qu’elle en était à exploser d’émotions. Elle avait tout retenu depuis sûrement des années. Il resta donc calme pendant que les vagues de fureur se déferlaient sur lui. Il avait voulu qu’elle s’ouvre et il avait réussi. Il ne pouvait pas l’arrêter maintenant. Même si c’était la seule chose qu’il pouvait faire pour elle, il le ferait. Il savait qu’elle se sentirait mieux après. Il fallait qu’elle s’en prenne à quelqu’un et il la comprenait ce qui faisait de lui la bonne victime.

Alors qu’elle s’arrêtait de parler ou de hurler, il resta là à la regarder. Il ne savait pas si elle avait fini ou si elle reprenait seulement son souffle. Il ne la connaissait pas assez pour reconnaître ce genre de gestes. Sa réaction suivante le prouva plutôt facilement. Avant même qu’il ne s’en rende compte, il sentit une main se poser sur sa nuque et le tenir fermement. Des lèvres vinrent embrasser les siennes. Il mit du temps à comprendre ce qu’il se passait. Au départ, il comprit juste qu’on l’embrassait. Etant dans une situation de couple, la réaction immédiate est d’y répondre. Seulement, il sentit également que ces lèvres n’étaient pas celles qu’il aimait. Ce n’était pas la même douceur, pas la même façon d’embrasser, pas le même goût : pas la bonne fille. Seulement son cerveau était bien trop lent pour réagir et le baiser était fini avant qu’il puisse y mettre fin. Il se sentit trahi. Il put voir la nouvelle confiance dans la blonde mais lui n’était plus bien. Il esquissa un mouvement de recul. A vrai dire, il fit réellement deux pas en arrière pour s’éloigner d’elle. Il regarda rapidement autour de lui pour vérifier si Xenia était dans les parages. Une chance, elle était absente. Seulement, à l’intérieur, ça bouillonnait. Il n’arrivait pas à suivre ses émotions. Il sentait la colère, la rancœur, la déception. Le tout se transforma en une pure colère qu’il devait contenir, contrôler. Il souffla avec difficulté pour se calmer. La question posée sur la fin restait dans sa tête, mais il n’arrivait pas à y répondre. C’était comme s’il voulait la laisser dans sa misère pour ce qu’elle venait de lui faire. Cependant, il était plus fort que cela. Il était capable de surpasser ces techniques médiocres de déstabilisation. D’une voix calme et autoritaire, il la regarda bien dans les yeux et s’exclama :

En t’expliquant comment réagir dans les différentes situations. En te faisant comprendre que tu as eu faux partout aujourd’hui. Surtout maintenant ! Tu as juste failli perdre la seule personne qui peut te comprendre et t’aider et le pire c’est que tu en es fière. Je ne t’ai jamais pris pour une fille niaise, jusqu’à maintenant, mais là tu es juste idiote. Tu crois franchement que parce que tu m’as embrassé je vais partir comme ça ? Enfin, si tu veux continuer à avoir peur toute ta vie et n’avoir personne dans ta vie c’est ton problème après tout.

Il avait envie de partir. Il ne savait pas pourquoi il se battait contre elle. Elle ne souhaitait qu’une chose, c’était qu’il parte. Alors pourquoi ne pas le faire ? Pourquoi vouloir continuer à sauver des personnes qui ne veulent pas l’être ? Pourquoi vouloir faire mieux qu’avec Gaby ? Il n’était pas responsable de ce qui lui était arrivée. Les mangemorts l’étaient. Ce n’était pas pour autant que cette jeune fille subirait la même chose. Il n’était pas responsable de tous ceux ayant subi des violences. Il ne pouvait pas tous les aider. Il devait déjà s’occuper de lui-même, ce qui était plutôt difficile en ce moment. Pourtant, il n’arrivait pas à partir de là. Il n’arrivait pas à la laisser seule. Ce serait comme l’abandonner à son triste sort. Ce serait comme la condamner à vivre malheureuse à jamais. Elle ne savait juste pas qu’elle pouvait s’en sortir. Il fallait qu’il lui montre que tout n’était pas perdu justement et là il aurait fini.

Je sais, je ne te connais pas. Je ne connais pas ta vie. Je ne sais pas ce que tu as vécu. Alors comment pourrais-je te dire quoi que ce soit sur ton comportement ? De quel droit je peux te sermonner ? Je vais te le dire : du droit que je connais cela en fait. Tu penses que tu ne peux rien perdre, c’est ça ? C’est faux ! Tous les jours tu perds le droit de perdre quelque chose ! Tous les jours, tu laisses ta peur t’empêcher d’avoir des amis, des relations, d’avoir des choses à perdre. Et ça c’est ta plus grande perte ! Comment je le sais ? Je les ai laissés faire pendant des années. J’ai vécu la même chose ! Je sais ce que sait ! Et pourtant, j’ai survécu, alors pourquoi pas toi ?

Le ton de sa voix changeait assez facilement. Par moment, il était calme, puis en colère, triste et de nouveau en colère. Il lui en voulait d’abandonner, de ne pas se laisser faire. Mais ce n’était plus sa décision. Si elle n’avait pas compris ce qu’il voulait qu’elle comprenne, c’était tant pis pour elle. Il ne pouvait pas insister plus longtemps. Il ne pouvait pas perdre son temps pour des causes perdues. Il avait ses propres causes à défendre. L’interrogation dans le regard, il s’exclama :

Alors ? Tu veux de l’aide ou tu restes dans ton malheur ?
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