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Message  Svetlana Mikhaïlov le Mar 11 Oct - 23:56

    De nombreuses fois, ces mots avaient su la réconforter, la bercer, la rassurer. Ils s’accordaient les uns avec les autres et savaient faire naître en elle de multiples sentiments. Combien de fois avait-elle lu ces lettres la nuit, laissant son visage, d’habitude de marbre, briser la glace. Une seule personne était parvenue à la rendre ainsi, et c’était Angel, même si c’était encore rare. Mais ce correspondant anonyme savait provoquer en elle une sorte d’impatience, chaque fois il lui tardait de le lire car il la comprenait vraiment. Comment savait-il ? Elle ne le savait pas et pendant un moment elle s’était contenté de cette relation par correspondance, mais cette année était la dernière et l’envie de savoir qui il était devenait de plus en plus forte.

    La journée avait déjà bien commencé et en cette belle après-midi aoûtienne, Lana était en cours. Heureusement, la torture touchait à sa fin. Un cours ? Une torture ? Pour une Serdaigle ? La défense contre le Force du Mal n’avait jamais été son point fort, loin de là. Retenant un long soupir de soulagement, la « reine des glaces » sortit du cours, contente que ce soit la fin … et de pouvoir savourer sa clope du réconfort. Toxico et alors ? Tandis que tout le monde retournait dans leur salle commune respective, Sveltlana, elle, prit une tout autre direction. A cette heure, l’endroit sera désert … pas assez sombre pour les amoureux et pas assez tard pour que Rusard passe par là.

    Ses pieds la conduisait tout droit jusqu’à la tour d’Astronomie. Mais une surprise l’attendait une fois en haut. A peine avait-elle franchi la porte qu’un hibou vint déposer une lettre à ses pieds. Son cœur manqua un battement. C’était toujours comme ça que le courrier arrivait … à l’improviste, la surprenant encore et toujours. Elle se pencha, s’accroupie et la retourna. Un sourire étira ses lèvres rouges lorsqu’elle vit cette écriture ronde, calligraphiée qu’elle aimait tant. ‘’Sveltlana’’ … Oui, il lui envoyait un message. Sans se préoccuper de voir s’il y avait quelqu’un ou pas, Lana ferma la porte et alla s’adosser contre le mur. Ses doigts caressaient l’enveloppe, puis la décachetèrent pour en lire son contenu.

    C’était tellement agréable de le lire. Il avait le don de la mettre de bonne humeur, de faire ressurgir ce qu’il y avait de bon en elle. Tout en fumant tranquillement, elle dévorait chacun de ses mots. Et à chaque fois, les visages de multiples personnes défilaient dans sa tête. Lui ? Ou peut-être lui … C’en devenait presque une obsession. Elle la relisait encore et encore puis elle la plia soigneusement à l’aide d’un sort avant de la mettre à l’abri dans son sac. Inspirant encore et toujours des bouffées de tabac, elle s’avança lentement, près du bord. Mais une fois encore, elle s’arrêta bien avant, la peur du vide étant trop forte. La jeune Mikhaïlov se contenta alors de contempler le domaine poudlarien, appréciant ce calme et cette brise légère et fraiche. Ça lui rappelait les terres ibériques, son pays natal. Même si elle n’y était pas restée longtemps, les souvenirs restaient ancrés dans sa mémoire.

    La Russie … elle n’était pas la reine des glaces pour rien. A cette pensée, un léger sourire éclaira son visage d’ordinaire si froid. Lana se demandait bien qui avait pu lui trouver ce surnom … Mais en tout cas il avait bien raison. De toute façon, dans ce monde, on ne peut faire confiance à personne alors il ne faut jamais laisser personne savoir ce que l’on pense. C’est ce que lui répétait souvent son père. Mais … il y avait lui …


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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Leroy de Louvière le Mer 12 Oct - 15:34

Assis dans un coin discret de la salle commune, Leroy laissait courir sa plume sur le parchemin. Il relevait la tête de temps en temps afin de s’assurer que personne ne venait voir ce qu’il faisait. Précaution superfétatoire s’il en est…De loin, il avait l’air de rédiger sa correspondance et, d’une certaine manière, n’était-ce pas ce qu’il était en train de faire ? Sauf que la destinataire de la lettre en question ne se trouvait pas à des centaines de kilomètres de là, bien au contraire. Pour l’heure, elle devait se trouver en défense contre les forces du mal, s’il se souvenait bien de l’emploi du temps des septièmes années de sa maison.
Depuis ce jour où il avait lu les pensées de Sveltlana, une correspondance anonyme s’était établie entre eux. Leroy avait compris les raisons du comportement de la jeune fille, ce qui avait motivé ce surnom de reine des glaces, et cette connaissance lui permettait de trouver les mots pour la réconforter, quand il sentait qu’elle en avait besoin. Par chance, Sveltlana s’était prise au jeu…et, aux yeux de Leroy, elle lui apportait autant de soutien qu’il lui en offrait. Ecrire ainsi à la jeune fille, lui remonter le moral l'aidait à maintenir le sien, comme il l'avait découvert à sa grande surprise.

Un long moment plus tard, il posa le point final à sa lettre, avant d’utiliser sa baguette pour modifier légèrement son écriture. Plus grande, un peu plus arrondie… Une précaution nécessaire s’il voulait rester réellement anonyme. C’aurait été vraiment bête de se faire découvrir pour une simple histoire d’écriture. Il craignait un peu la réaction de Sveltlana si elle venait à réaliser qui était son mystérieux correspondant. Leur ancienne rivalité flottait entre eux lorsqu’ils se croisaient. Elle serait forcément blessée, si ce n’est pire, de découvrir un sixième année derrière cela et elle lui retirerait la confiance qu’elle lui accordait si pleinement dans ses lettres… Il ne pouvait permettre qu’une telle chose advienne. Pour une fois qu’il essayait de faire quelque chose de bien et qu’il mettait à profit une connaissance mal acquise pour en sortir du bon… Il devait absolument éviter de tout mettre par terre.

Leroy secoua la tête, glissa le parchemin dans une enveloppe sur laquelle il inscrivit le nom de la Serdaigle. Il prit ensuite le chemin de la volière. Elle était déserte lorsqu’il y parvint. Les oiseaux s’agitaient dans le froid vif de décembre. Son hibou se précipita vers lui et lui tendit la patte d’un air plein d’espoir. Deux ans que l’animal espérait partir à nouveau en mission. Leroy le caressa avant de lui apprendre, qu’une fois encore, il allait devoir faire appel à un des oiseaux de l’école. Le hibou prit un air profondément vexé, ébouriffa les plumes que le garçon avait lissées puis alla se placer sur l’un des plus hauts perchoirs en lui tournant le dos. Leroy soupira puis s’approcha des hiboux de l’école. Il en prit un au hasard et lui confia la lettre. L’animal serait vite de retour, de toute façon. Une fois qu’il fut parti, le garçon ne s’attarda pas.

Pour changer, il avait envie de se trouver seul. Les cours étant finis, la salle commune ne conviendrait pas, elle serait emplie d’élèves bruyants, de même que la bibliothèque. Il souhaitait autre chose. Ses pas le portèrent vers la tour d’astronomie, qu’il savait déserte à cette heure. Trop tard pour les cours théoriques, bien trop tôt pour les cours pratiques.
Il grimpa rapidement l’escalier. En ouvrant la porte qui menait au sommet, il s’aperçut que quelqu’un s’y trouvait déjà. « Mais ce n’est pas possible ! Il n’y a vraiment aucun coin tranquille dans cette école ? », pensa-t-il.
Mais son énervement disparut dès qu’il réalisa que c’était Sveltlana qui se tenait là. Elle fumait tout en lisant un parchemin…son parchemin. Elle n’avait visiblement pas entendu la porte s’ouvrir dans son dos. Leroy l’observa discrètement. Elle paraissait plus détendue, presque heureuse de sa lecture…Il en fut soulagé ; une fois de plus, il avait trouvé les bons mots. Une fois sa lecture finie, sa condisciple plia la lettre et la rangea avec soin, avant de s’approcher du bord opposé. Elle ne s’était pas encore aperçue de sa présence.
Du geste devenu réflexe, Leroy rabattit ses cheveux sur sa joue et franchit la porte sans plus se soucier de se cacher.

-Bonsoir, Sveltlana…Toi aussi, tu préfères la solitude de cette tour à la foule de la salle commune ?

Il se rapprocha et désigna le hibou qui était encore posé sur l’un des créneaux de la tour.

-Tu as reçu du courrier ?

Une question anodine en apparence…mais il était curieux de savoir ce qu’elle pourrait répondre au sujet de cette lettre bien précise.

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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Svetlana Mikhaïlov le Jeu 13 Oct - 18:35

- Bonsoir, Sveltlana…Toi aussi, tu préfères la solitude de cette tour à la foule de la salle commune ?

Il avait presque réussi à la faire sursauter … presque ! Vous savez bien que la reine des glaces ne montre que très peu ses sentiments. Lana n’avait pas besoin de se retourner pour savoir qui venait d’entre dans la tour d’Astronomie. Cette voix lui avait lancé bien des pics autrefois, enfin, des pics … disons plutôt des défis. Entre eux, c’était une concurrence éternelle l’un voulant toujours être meilleur que l’autre. Mais au fond, il fallait bien l’avouer, Leroy – car c’était bien lui – était quelqu’un de très intelligent et le bleu de Serdaigle lui va comme un gant. Parfois, elle le croisait dans la salle commune, plongé dans un énorme grimoire. Intérieurement, elle souriait. Lors de ces premières années à Poudlard, elle avait aussi fait cela, lire jusqu’à en avoir mal aux yeux, jusqu’à rester éveiller toute la nuit. Enfin, revenons à nos moutons.

Solitude … oui elle l’adorait. C’était sa chère et tendre amie, mais maintenant, elle était partie, chassée par la venue de son concurrent. Mais sa présence ne la dérangeait pas. Elle était en septième année, elle avait beaucoup murie, et lui aussi … leur querelle n’était plus vraiment d’actualité ! Enfin, encore un peu peut être mais ce n’était plus aussi agressif qu’avant. Quoiqu’il en soit, il restait vantard, prétentieux hautain et méprisant et elle, elle restait la reine des glaces. Comme quoi, on ne se défait pas facilement d’une image que l’on nous colle à la peau.

- Je ne suis plus vraiment seule maintenant, répondit-elle plus par jeu que par méchanceté, bien que sa voix n’exprima aucun amusement.

Il se rapprochait, calme et sérieux, avec une désinvolture presque arrogante … Au fond, ils n’étaient pas si différent l’un de l’autre. Mais cela, elle ne lui dira certainement jamais … pourquoi ? Eh bien, Lana n’est pas naturellement quelqu’un de très bavard alors confesser ses sentiments, ses ressentis, jamais. Puis elle vit son regard se tourner vers le hibou qui n’était pas parti aussitôt sa tâche accomplie. Aussitôt les mots qu’IL lui avait envoyés ressurgirent dans sa tête. Un peu plus, et elle se mettait à sourire. C’est digue l’effet qu’une simple lettre avait sur elle.

- Cela te surprend, Leroy ? Tu croyais que j’étais une asociale renfermée seule et sans attache ?

Encore une fois, rien de méchant dans cette phrase ; et puis Leroy devait être habitué maintenant. C’était leur quotidien. Puis, soudainement, le hibou déploya ses ailes et vola dans sa direction. Lana déplia son bras juste à temps pour qu’il puisse s’y poser. C’était étrange … bien que son attitude soit froide et peu engageante, les animaux avaient souvent tendance à venir vers elle …. Ils aimaient sa compagnie et Lana les appréciait aussi, bien qu’elle n’ait aucun animal de compagnie. Avec un léger sourire en coin, elle caressa les plumes de l’animal.

- Quelqu’un qui me connait bien.

Les mots étaient sortis tout seul, comme la présence de l’animal avait suffi à l’apaiser et à l’inciter à se confier. Ces petites bêtes ont un drôle de pouvoir sur nous, pauvre humain – sorcier ou non. Son regard se détourna un instant du messager pour se poser sur son compagnon de maison. Plutôt grand, il la dépassait largement, elle qui peinait à dépasser le mètre soixante et avec les années, il avait beaucoup changé. Sveltlana avait pu le voir grandir. Le petit garçon essayant de cacher son émotion le premier jour à Poudlard, ce même petit garçon qui avait longtemps gardé une attitude stricte comme le font les grandes familles de sang pur, ce petit garçon avait bien changé. Les cheveux longs d’un noir d’encre venaient assombrir son visage déjà très dur, marqué par des évènements qui ne regardaient que lui. Nous avons tous nos secrets …

- Et toi, que viens-tu faire ici ? Si tu pensais être seul, c’est raté !

Elle ne détournait pas les yeux, elle le regardait toujours. En fait, elle avait à chaque fois une étrange impression quand ils se croisaient. Comme s’il savait des choses … mais ça ne l’effrayait pas, bien au contraire. Mais elle avait aussi une impression de déjà-vu sans pouvoir mettre le doigt dessus.
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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Leroy de Louvière le Ven 14 Oct - 21:38

Leroy ne pouvait nier qu’il avait espéré la prendre par surprise. Il aurait beaucoup apprécié de prendre la reine des glaces au dépourvu. C’aurait été une victoire à inscrire au tableau des scores, du temps où il ne se passait pas une journée sans qu’ils ne tentent d’asseoir leur supériorité l’un sur l’autre. Pour cette fois, il devrait se contenter de l’infime tressaillement des épaules… Toujours aussi maîtresse de soi, à l’évidence. Elle ne prit même pas la peine de se retourner, elle l’avait donc identifié. Leur rivalité permanente d’autrefois les avait amenés à bien se connaître d’une certaine façon ; c’était cela aussi qui l’avait poussé à plonger dans ses souvenirs, juste pour savoir ce qu’il y avait vraiment derrière ce surnom, derrière la façade.

- Je ne suis plus vraiment seule maintenant.

Un sourire lui échappa.
-Ca, c’est une d’évidence formelle, Sveltlana. C’est Serdaigle qui t’a appris à être si perspicace ?

L’habitude le poussait à l’ironie, mais il atténuait ses piques désormais. En fait, il était presque gêné de se trouver ainsi face à elle, alors qu’il venait juste de lui écrire, et se protégeait derrière leur jeu pour conserver une attitude nonchalante. Il suffisait de laisser renaître un peu le vantard méprisant qu’il avait été dans sa jeunesse. Un prétentieux quelque peu tombé de son piédestal lorsqu’il avait tout perdu, mais qui pouvait rendre encore de menus services quand Leroy voulait vraiment qu’on le laisse tranquille. C'était comme endosser un rôle...il avait l'habitude.

Sveltlana répondit toujours aussi ironiquement à sa question sur son courrier. Une asociale renfermée et sans attache ? Il aurait pu le croire s’il n’avait pas découvert la vérité ; en l’occurrence, ces mots s’appliquaient davantage à lui-même. Il chercha un instant de quoi répliquer, se traitant mentalement d’imbécile. Il venait de lui envoyer une lettre de deux pages, il pouvait bien sortir une petite phrase de rien du tout ! Il observa le hibou venir vers elle puis haussa les épaules.
Le garçon allait lui répondre lorsqu’elle reprit la parole, affirmant que la lettre venait de quelqu’un qui la connaissait bien. Et qu’elle appréciait, vu la détente qu’il perçut en elle, alors qu’elle repensait manifestement à la lettre. C’était bien d’en avoir la confirmation de visu. La pratique de la légilimencie lui avait appris à rester attentif aux moindres réactions corporelles. Le langage du corps était souvent beaucoup plus parlant que les mots, il suffisait simplement de le décoder.

-Voilà qui me surprend davantage, par contre ! J’espère que cette personne est consciente de l’immense faveur que tu lui fais. Connaître Sveltlana –non, juste essayer de la connaître…la moitié de Poudlard en rêve.

La réaction logique face à une telle confidence de la part de la reine des glaces. Leroy avait cependant adouci son ton pour lui ôter une partie de son mordant.
La jeune fille se détourna alors pour le regarder, et Leroy vit passer de vieux souvenirs dans ses yeux. Il soutint son regard sans broncher, tout en pensant à leurs différences et à leurs ressemblances. Elle était aussi blonde que lui était brun, les nuances de gris de leurs yeux étaient dissemblables. Sang-mêlé et sang-pur. Le jour et la nuit, presque. Elle possédait également un plus grand moral que lui, qui faisait ce qu’il pouvait pour combler le déficit apporté par une éducation pas forcément tournée vers le chemin du bien. Ils se ressemblaient peut-être davantage sur le plan du caractère. Aussi déterminée que lui, aussi fière, aussi sensible…c’étaient même ses incertitudes et ses peurs qui l’avaient poussé à entamer leur relation par lettres. Leroy avait les siennes propres mais s’il pouvait atténuer un tant soit peu celles des autres, tant mieux.

-Là aussi, c’est d’une clairvoyance qui me laisse sans voix, reprit-il lorsqu’elle lui demanda ce qu’il venait faire dans la tour. Effectivement, c’est manqué pour la solitude. Mais cela ne me dérange pas...

Elle était peut-être parmi ceux de ses condisciples de Serdaigle qu’il appréciait le plus. Et au moins, avec elle, que ce soit face à face ou par lettre, il était certain d’avoir une conversation intéressante.
Sveltlana le regardait toujours, avec une insistance qui le mit mal à l’aise, comme si elle cherchait à voir quelque chose en lui. Il dut faire un effort pour ne pas détourner le regard.

-Il y a quelque chose qui ne va pas ?

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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Svetlana Mikhaïlov le Dim 16 Oct - 20:49

Ses répliques ironiques la faisait sourire. C'était devenue une habitude entre eux, autrefois plus par concurrence et maintenant ... Et maintenant quoi ? Qu'etaient-ils l'un pour l'autre ? La question demeurait sans réponse. Mais en tout cas leur relation etait moins tendue. D'ailleurs sa réponse suite a son courrier l'étonna sincèrement et son regard dut exprimer cette surprise. Cela aurait pu passer pour une mauvaise plaisanterie, une blague de mauvais gout, mais le ton de Leroy etait surprenant. Tout le monde en rêve ... C'etait vraiment étrange, comme si de jour en jour elle découvrait un autre aspect de sa personnalité, lui, le noble français fier et arrogant - on ne se défait pas d'une réputation aussi facilement.

- Et toi Leroy, tu fais parti de quelle moitié de Poudlard ?

C'était aussi une pique douce, mais teintée de curiosité. Lana voulait vraiment savoir ce qu'il pensait, mais venant de lui, elle ne s'attendait pas vraiment a une réponse claire et précise. Après tout, elle aussi ne dévoilait que peu ses pensées ... Sauf a son cher correspondant anonyme. La, elle se confiait corps et âme. A vrai dire, il etait plus facile de parler ainsi que de se confier a une personne en face a face ... Par les mots, Sveltlana savait mieux exprimer ses sentiments, ses incertitudes, son bonheur, ses peurs ... La, elle mourrait d'envies de lui répondre, de lui écrire combien l'avenir l'effrayait, son effroi face a sa famille qui devenait chaque jour un peu plus sombre et son père plus particulièrement ... Les événements au delà des murs de Poudlard étaient emplis de violence, de sang, la vie avait le parfum de la mort.

Lana n'était pas quelqu,un de courageux, loin de là. Heureusement, la réponse de Leroy la sortit de ses noires pensées, l'empêchant de sombrer dans la peur et la tristesse. ainsi, cela ne le dérangeait pas d'être avec elle ... la jeune russe s'empêcha de sourire franchement à cette remarque. Qui l'aurait cru ? Quelqu'un qui appréciait la compagnie de la reine des glaces ! Oh, il n'était pas le seul, mais rares étaient ces personnes ... Xénia, Nicolas, Alex, Mstislav ... Elle pouvait les compter sur les doigts de la main ! Son regard posé sur lui sembla le déranger, elle qui réfléchissait sur ce qui pouvait bien lui semblait si familier chez lui.


- Rien, rien du tout. Dit-elle avec son accent russe fort prononcé.

Elle détourna alors les yeux pour ne pas le mettre plus mal a l'aise encore. Lana carressa encore le hibou, avant de tendre son bras et de lui donner une légère impulsion pour qu'il prenne son envol. Elle resta un moment silencieuse, regardant le messager retourner dans la volière de l'école.

- Finalement, ta compagnie n'est pas si désagréable, dit-elle avec un sourire dans la voix.

La jeune russe s'adossa contre le mur de la tour, puis elle se laissa glisser jusqu'au sol, lentement, pour s'asseoir en tailleur. Plaçant ses mains sur sa jupe d'uniforme pour éviter qu'elle ne se soulève au vent, puis elle posa sa tête contre le mur, fermant les yeux et appréciant les rayons du soleil. L'air etait froid, mais cela elle y etait habituée après de nombreux séjours en russe, chez sa ''chère'' et ''bien aimée'' famille ... Du coté de son père évidemment. Il n'y avait que le coté pur de la famille pour rendre ses séjours très désagréables ... Enfin, elle aimait tout de même la Russie ! C'était son pays, ses origines ...

- Dis moi Leroy, pourrais tu parler librement avec quelqu'un que tu connais pas ... Quelqu'un que tu n'as jamais vu mais qui te connais ?

La question etait idiote, surtout pour lui. Il ne comprendrait pas ... Alors Sveltlana poussa un long soupir, jetant un coup d'oeil a son sac, l'envie montant de lui répondre et de savoir qui il est ...


Dernière édition par Sveltlana Mikhaïlov le Lun 17 Oct - 15:18, édité 1 fois
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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Leroy de Louvière le Dim 16 Oct - 22:09

Lorsque Leroy plaisanta au sujet de son courrier, Sveltlana prit une expression surprise qui ne lui échappa pas. Sur le moment, pourtant, il n’avait pas eu d’autre intention que d’ironiser un peu. Qu’avait-elle pu percevoir derrière ces mots ? L’envie le titilla de jeter un coup d’œil dans les pensées de sa condisciple…un simple regard de rien du tout mais il se contint. Il s’était promis de n’utiliser la Légilimencie qu’à bon escient, afin justement de ne pas tomber dans ce travers de lire les pensées de tout le monde.

-De quelle moitié ? Eh bien, de celle qui ne vit pas uniquement de rêve…mais qui sait, de temps en temps, aller au-delà.

Réponse à l’apparence sibylline mais Leroy n’était pas sûr d’avoir été très malin en ajoutant la seconde partie de la phrase. La première aurait largement pu suffire, en montrant qu’il ne s’intéressait pas tant que cela à elle…une pique de plus, certes. Mais les mots étaient venus tous seuls et se trouvaient trop sujet à interprétation à son goût. Il reprit sur sa lancée pour se rattraper.

-Après tout, continua-t-il, la rivalité peut faire apprendre pas mal de choses sur l’autre, je trouve. Tu ne crois pas ?

Que pensait-elle vraiment de lui maintenant ? Que savait-elle ? Le voyait-elle toujours comme ce gosse arrogant, sûr de lui et de ses talents ? Leur rivalité s’était estompée mais ils ne s’étaient guère rapprochés dans les faits, entretenant une distance prudente. Pas la guerre, pas tout à fait la paix. Une sorte d’entente cordiale ? Si dissemblable de l’amitié complice développée par courrier… Pouvait-on se montrer si différent entre ses mots et ses paroles ? Une question dont il était en train d’expérimenter la réponse.
Il reporta son regard sur Sveltlana. Elle avait l’air perdue dans ses pensées et il se doutait de ce à quoi elle pouvait songer. Elle lui faisait souvent part de ses doutes et de ses inquiétudes dans ses lettres à propos du monde extérieur…il essayait de l’encourager sans pour autant lui dissimuler la vérité, ce qui aurait fait bien plus de mal que de bien. Il avait déjà trop expérimenté ce qui se trouvait dehors pour se bercer encore d’illusions quant à l’avenir.
La jeune fille détourna finalement son regard de lui en relâchant le hibou, puis admit qu’elle ne trouvait pas non plus sa compagnie si désagréable.
Leroy s’inclina dans une parodie de révérence, en faisant jouer un chapeau imaginaire.

-Merci du compliment !

La jeune femme alla s’asseoir contre le mur de la tour et il la rejoignit après un instant d’hésitation. Il faisait quand même bien froid là-haut…Originaire du Sud de la France, bien qu’il fût proche des montagnes alpines, il ne s’était jamais habitué aux températures de l’Ecosse et restait frileux. Heureusement, il avait pris ses précautions en enfilant une cape bien chaude, sans oublier son écharpe.

Sa dernière question le laissa songeur. Que pouvait-il bien répondre à une telle interrogation ? Il surprit son regard vers son sac. A l’évidence, elle attendait de pouvoir lui répondre. Drôle de chose que cette conversation à deux niveaux, décidément. Ce double jeu l'amusait et le gênait tout à la fois.

-Quelqu’un que je ne connais pas mais qui me connaîtrait ? C’est difficilement possible, non ? Mais si cela arrivait… eh bien, tout dépendrait de ce qu’écrirait cette personne, de ce qu’elle saurait sur moi. Si je recevais une telle lettre…-je suppose que c’est par courrier, si on ne connaît pas la personne ?- je répondrais par jeu au début, pour voir si c’est une plaisanterie ou non. Et ensuite, en restant toujours dans les hypothèses, si c’est vraiment sérieux, pourquoi ne pas entretenir une correspondance régulière…Mais je ferais tout mon possible pour découvrir l’identité de la personne en question. Je ne supporterais pas que l’on sache des choses sur moi, sans savoir comment l’autre les a apprises. Mais pourquoi cette question ?

Il aurait même été carrément méfiant tant il était secret, mais il pouvait difficilement renier la situation que vivait Sveltlana puisqu’il en était l’instigateur.

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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Svetlana Mikhaïlov le Lun 17 Oct - 16:46

La moitié qui ne vit pas uniquement de rêve mais qui sait de temps en temps aller au-delà. Le sourcil de Sveltlana se souleva face à cette réplique pour le moins mystérieuse. Mais tout mystère, quel qu’il soit, nous donne le loisir d’interpréter à convenance. Ainsi, la jeune russe y voyait un certain intérêt de la part de Leroy, comme s’il ne cherchait à suivre l’avis des autres tel un mouton de Panurge, mais qu’il cherchait à voir au-delà. Mais elle ne put y penser d’avantage, il continuait sur sa lancée. La rivalité … Oui, il n’avait pas tort sur ce point-là. Après tout, ne dit-on pas qu’il faut savoir connaitre ses ennemis ? Mais étaient-ils vraiment des ennemis maintenant ? Leroy n’était plus tellement ce garçon arrogant et prétentieux, il avait changé et gagné en sagesse. Mais bon, cela ne les avait pas vraiment rapprochés pour autant. Ils étaient en quelque sorte en guerre froide, entretenant une certaine distance sans pour autant s’agresser directement. C’était plaisant.

Elle l’avait vu changer … Ses traits se durcir, son menton s’abaisser légèrement pour faire fuir cet air pompeux pour ne laisser que son éternelle assurance. Elle aimait cela, ce changement et mine de rien, cette rencontre ne lui était pas si désagréable que cela. Et puis, elle aussi avait changé, même si cela passait inaperçu pour beaucoup de personnes. Elle essayait vraiment d’être moins agressive, moins inexpressive, plus agréable aussi, mais ce n’était pas chose facile. Après tout elle avait été élevée ainsi depuis sa naissance, elle baignait dans cette atmosphère … mais ses amis, aussi peu nombreux soient-ils, arrivaient à faire naître de plus en plus souvent un sourire sur ses lèvres. Assise sur le sol, elle vit Leroy venir la rejoindre à ses côtés. Cette proximité la gêna un peu, c’était peut-être la première fois qu’ils se tenaient aussi proche l’un de l’autre sans se lancer des répliques acides, mais en même temps, elle se sentait bien. Etrange sensation, mais agréable tout de même. Elle éprouvait la même chose en écrivant à son correspondant … la sensation d’aller vers l’inconnu mais de connaitre cet inconnu, et de lui donner une confiance aveugle.

Lorsqu’il répondit à sa question, elle fut … les mots ne pouvaient pas exprimer ce qu’elle ressentait. Il pensait comme elle et, c’était vraiment étrange, elle se voyait à travers son explication. C’était elle, exactement elle. Jamais elle n’aurait cru qu’ils pourraient être aussi proche l’un de l’autre, et jamais elle ne l’aurait admis quelques années plus tôt. Comme quoi avec le temps …


- Pour rien …

Mais voilà ce qu’elle répondit. Bref et avec un ton légèrement absent, le regard perdu dans les nuages qui s’accumulaient dans le ciel. Et le silence s’installa entre eux pendant un moment, mais pas du genre pesant ! Disons plutôt qu’elle-même réfléchissait, et à beaucoup de chose : Leroy, le correspondant, elle-même, son avenir. Il lui tardait d’écrire tout cela dans sa lettre, juste pour voir qu’elle pourrait être les mots qu’il lui renverrait, qui la réconforterait. Elle avait hâte.

- Tu as raison … la rivalité permet de mieux connaitre l’autre. Mais alors dis-moi, qu’est-ce que tu sais de moi ? Je suis curieuse de savoir ce que tu caches dans ton esprit, de ce que tu penses.

Simple question de curiosité et dire de continuer leur dialogue. Mais peut-être plus de curiosité … Lana n’était pas à Serdaigle pour rien. Et puis, le fait de passer de rivalité à entente cordiale, cela incitait à essayer d’en savoir plus sur l’autre. Leroy avait réussi à chatouiller, ou plutôt à titiller son esprit et à fixer son attention sur lui.
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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Leroy de Louvière le Lun 17 Oct - 20:00

Sa réponse lui fit lever un sourcil, c’était déjà bien. Qu’elle interprète à présent comme elle le souhaitait… Il repensa à leur ancienne adversité. D’une certaine façon, elle leur avait bien rendu service. Sans cela, il n’aurait jamais eu l’idée d’aller lire les pensées de Sveltlana : il se serait simplement contenté de l’ignorer comme il l’avait fait avec un bon nombre de personnes.
De fait, ils avaient bien changé maintenant, tous les deux. Physiquement pour lui, avec cette maudite cicatrice qui lui rappelait tous les jours ce qu’il avait perdu et ce qu’il risquait encore pour pouvoir gagner une certaine liberté…ou, du moins, sa liberté de pensée. Et mentalement, bien sûr. Sveltlana n’était d’ailleurs pas en reste, il l’avait bien constaté dans ses lettres mais aussi, parfois, lorsqu’il l’apercevait, sans le vouloir, au détour d’un couloir avec ses amies. Elle conservait toujours son air altier, mais elle essayait de s’ouvrir un peu aux autres, de changer. Il savait combien c’était difficile, ayant préféré pour lui-même demeurer en grande partie solitaire. Mais pour elle, c’était sans doute une excellente chose…peut-être que cela l’aiderait à oublier un temps les soucis qui pesaient sur elle.

Lorsqu’il répondit à sa question sur la correspondance avec un inconnu, elle ne parut guère réagir mais il perçut son regard, y devina ce qu’elle pensait. Pour autant, sa réponse fut d’une extrême concision.

-Tu poses de telles questions pour rien maintenant ? s’enquit-il sur un ton un peu malicieux.

Ce n’était pas vraiment dans les habitudes de la Serdaigle de demander des choses juste comme ça…mais il ne voulait pas non plus donner l’impression de chercher à savoir ce qu’elle cachait. Quelle raison aurait-elle d’ailleurs de se confier à lui, d’ailleurs ? Là, il n’était plus son confident. Tout ce qu’elle ne disait pas maintenant, il avait le sentiment qu’il le retrouverait dans sa prochaine lettre.
Le silence s’établit un instant entre eux ; Leroy ne voulait pas interrompre les pensées de Sveltlana. La jeune fille finit par reprendre la parole, le tirant de ses propres rêveries. Il lui en sut gré ; quand il s’abimait ainsi dans ses pensées, il finissait invariablement par en revenir aux mêmes problèmes sans solutions et cela l’agaçait. Il avait encore plus d’un an pour tenter d’apporter une réponse à la question de son avenir, ce n’était pas la peine de se torturer dès maintenant avec ça.
Ce qu’il savait d’elle, hein ? Que pouvait bien connaître un ancien rival dans de telles circonstances? Il lui retourna la question, le temps de faire la part la part des choses.

-Je le ferai…mais j’aimerais beaucoup que tu en fasses autant de ton côté ensuite. Moi aussi, je suis curieux.

Il se tut un instant, rassemblant ses pensées.

-Ce que je sais de toi… Ce que tout le monde voit en premier lieu : la reine des glaces, belle, intelligente, fière, sérieuse. Je ne te ressors pas ce que je sais de ta famille…la même chose que la plupart des gens de Serdaigle sûrement, dans l’essentiel. Par contre, je peux confirmer que tu fais une excellente rivale.

Le mensonge sur sa famille était nécessaire, il n’avait aucune raison d’en savoir davantage que d’autres à ce propos. Quant au sujet de leur ancienne rivalité, il l’évoqua en souriant, pour qu’elle ne le prenne pas mal. Il ne regrettait pas certes pas cette époque. Mais c’était vrai, en même temps : leurs défis permanents, leurs répliques avaient quelque chose de réellement stimulant. Et cela avait créé cette sorte de lien particulier entre eux. Il reprit plus sérieusement, tout en faisant attention à ses mots :

-Mais j’ai assez joué le jeu des apparences pour savoir que la reine des glaces n’est certainement qu’une façade. Et que, généralement, plus on est sensible, plus on essaie de se protéger. Tu essaies de cacher tes doutes et tes fragilités derrière cette allure glacée… Mais je ne le sais pas vraiment, c’est plus une croyance… Et je peux me tromper.

Il savait certes qu’il ne se trompait pas mais mieux valait jeter le voile du doute sur ses hypothèses. Il espéra n’en avoir pas trop dit. Aurait-il vraiment deviné cela s’il ne s’était pas aidé ? Peut-être, s’il avait bien examiné la situation et s’il l’avait mise en regard de la sienne propre.


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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Svetlana Mikhaïlov le Mar 18 Oct - 19:59

- Tu poses de telles questions pour rien maintenant ?

Sveltlana se retint de lever les yeux au ciel, même si son ton malicieux prêtait à sourire. Le coin de sa lèvre avait d'ailleurs tressauté, signe qu'elle était sur le point de sourire. Mais elle ne rajouta rien d'autre. Mais lorsqu'elle reprit parole, elle le vit comme sortant d'un rêve, c'était comme s'il était prêt à se perdre des les limbes de ses pensées. Un véritable labyrinthe qu'il vaut mieux quitter avant qu'il ne soit trop tard, avant d'être complètement perdu. Que chacun examine ses pensées, il les retrouvera toutes occupées au passé et à l'avenir. Nous ne pensons presque point au présent. Nos pensées, ce sont nos petits secret qui nous nargue, qui ne cessent de tourner dans notre esprit, mais c'est aussi la réalité, notre réalité. C'est la vérité et bien peu de personnes disent ce qu'elles pensent. C'est pourquoi Sveltlana parlent peu et à peu de personne car la sincérité franchit toujours ses lèvres, qu'importe qu'elle soit difficile ou non à apprendre.

Et en ce moment, des pensées malsaines et mélancoliques tournaient dans son esprit. Angel et son attitude distante. Il cachait quelque chose et elle avait vraiment peur de le perdre. C'est grâce à lui qu'elle s'ouvrait aux autres, parce qu'il lui avait donné confiance, elle lui donnait une confiance aveugle et en ce moment, elle avait peur d'avoir fait le mauvais choix. Avec les bruits de couloirs qui courent et qui la narguent ... Enfin, l'heure n'était pas à sombrer dans de telles pensées. Lana hocha la tête lorsqu'il lui demanda d'en faire de même. C'était équitable, loyal. Bref, elle était d'accord. Et puis, Leroy n'était pas fourbe ... tout du moins, depuis maintenant six qu'elle le connait, elle ne l'avait jamais vu ainsi.

"La reine des Glaces". En entendant son surnom, Lana eut un sourire. Vraiment, il lui allait comme un gant, mais elle s'en foutait, ils ne savent rien d'elle, rien du tout. Lui, il ne la jamais appelé ainsi parce qu'il sait qui elle est. Comment ? Encore un mystère de Monsieur Anonyme. Mais lorsqu'il aborda le sujet de sa famille, son visage se ferma instantanément. Un père sang pur et une mère née-moldue, ce n'est pas rare, mais ils sont terriblement exigeant. Sa mère ne s'occupa pas vraiment de son éducation, elle n'était pas souvent à la maison donc leurs rapports ne sont pas très ... fusionnel. Et son père ... digne de la famille Mihlaïlov ! Même s'il a fui sa famille, son caractère est le même : froid, altier, exigeant et surtout envers elle. Et il a voulu qu'elle se montre à la hauteur du nom qu'elle porte et ce malgré son sang, pour montrer à sa famille qu'elle peut les surpasser malgré sa tare. Enfance très joyeuse, n'est-ce pas ? Mais depuis quelque temps, l'ambiance est glaciale au manoir, les disputes entre père et mère, nombreuses et les allusions au Lord, régulières.

Enfin ... malgré tout, la dernière phrase de Leroy la dérida et ses lèvres s'entrouvrirent même pour laisser échapper à rire bref. Oui, Leroy aussi fut un bon rival et elle devait avouer que cela l'avait aider à se surpasser et à dépasser ses limites. Déja avant son envie d'apprendre était forte, mais il l'avait "motivée". Sauf en défense contre les forces du mal, où elle reste très incompétente. On ne peut pas être parfaite. En théorie, elle est parfaite, sur la pratique, c'est une catastrophe. Et c'est dans ces moments là, qu'elle se dit que face à l'autorité de son père, elle ne pourra pas faire grand chose. D'où la peur sur l'avenir.

Mais la suite de sa tirade l'étonna. Il était l'une des rares personnes à évoquer son masque de marbre et à l'interpréter. Peu de gens voulait savoir ce qu'il y avait derrière et lui, il avait cherché. Et le pire, c'est qu'il avait raison ... C'en était presque effrayant.


- Perspicace. Je n'en attendais pas moins de ta part, Leroy. Même si parfois tu es proche de la vérité sans vraiment l'atteindre.

C'était étrange de parler franchement avec lui, là, assis à même le sol à coté de l'un l'autre, en haut de la tour d'astronomie. Le menton haut et droit, elle regard haut devant elle et tourna simplement les yeux vers lui avec un sourire en coin.

- Maintenant je suppose que c'est à moi.

Lana eut un petit moment de silence, comme si elle cherchait au fond de sa mère chaque instant en sa présence, chaque phrase pour décortiquer l'esprit de son rival ... ou ancien rival.

- Et bien, je dirai que tu es quelqu'un qui a toujours soif d'apprendre. Chaque fois que je te croisais, tu avais un nouveau livre à la main. Ta soif de savoir est grande, et je pense que tu recherches l’excellence, la perfection et pour cela tu dénigres les gens qui ne cherche pas à aller plus loin, qui ne se contentent que de ce qu'ils ont. Et d'un coté, je te comprend parfaitement.

Il est vrai que pour Sveltlana la savoir est primordial et ceux qui ne savent pas s'en servir ou qui ne l’utilisent pas un bon escient, Lana ne les estime pas vraiment.

- Après, il est vrai qu'au début je te voyais comme un gamin prétentieux qui se croyait tout permis, mais là je pense que l'influence familiale y est pour beaucoup. Combien sommes nous à subir les pressions de nos parents qui pensent nous imposer leurs choix ? Et tu as su t'enfuir. Je ne sais pas ce qu'il sait passé pour que tu changes, que tu prennent un peu de recul sur toi-même et je ne veux pas le savoir, ça ne me regarde pas. Mais en tout cas, tu as gagné en sagesse et en maturité.

Lana parlait franchement, elle disait ce qu'elle avait sur le cœur et dans ses pensées. Ce n'était pas son genre de mentir, ou tout du moins de ne pas dire toute la vérité parfois. Puis un léger sourire éclaira son visage.

- Et d'après ce que tu as dit, j'en déduis que toi aussi tu te caches en quelque sorte. Tu te réserves et tu ne cherches pas à t'ouvrir aux autres. ... Finalement, nous ne sommes pas aussi différent l'un de l'autre.

Et sur ces dernière parole, elle ferma les yeux et attendit la réaction de Leroy. Qu'allait-il répondre à tout cela. Elle savait que ce n'était pas facile de voir quelqu'un faire son portrait, surtout quand il s'avère être juste.
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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Leroy de Louvière le Sam 22 Oct - 15:11

Sveltlana avait eu l’air aussi perdue dans ses pensées que lui. Il savait ce qui la tracassait en ce moment…même s’il restait renfermé, les rumeurs sur elle et Angel circulaient bien dans la salle commune de la tour de Serdaigle.
Tout en parlant, Leroy avait observé les réactions de Sveltlana : il s’attendait bien au sourire à l’entente du surnom, ainsi qu’à sa raideur soudaine à l’évocation de sa famille. Il n’insista guère dessus et fut soulagé de la voir rire lorsqu’il mentionna leur rivalité. Ils s’étaient relancés l’un l’autre dans leur motivation…même s’il avait la satisfaction personnelle de demeurer le meilleur en Défense contre les forces du mal. Pas de gloire non plus à en tirer, vu l’entraînement sévère qu’il avait reçu. A force de progresser dans la connaissance de ces forces obscures, il savait comment s’en protéger efficacement et il ne cessait pas de lire des grimoires sur le sujet.
Il lut enfin sur son visage qu’elle était surprise de sa « perspicacité » quant à ce qui se cachait derrière son surnom. Proche de la vérité…il savait qu’il avait raison même si elle ne le reconnaissait pas franchement. Il s’abstint d’en faire la remarque, se contentant de hocher la tête lorsqu’elle proposa de se lancer à son tour. Il était vraiment curieux de savoir ce qu’elle pensait maintenant de lui.

Elle commença par évoquer sa soif d’apprendre. Logique, c’était le premier point qui ressortait quand on passait quelque temps dans son entourage. Il avait quasiment été nourri au parchemin dans sa tendre enfance et, même s’il déplorait l’éducation reçue, il ne pouvait nier qu’il adorait les livres et ce qu’il renfermait. Rien qu’effleurer leurs pages parfois jaunies, déchiffrer les petits caractères, sentir l’odeur de l’encre passée… Il se passionnait également pour toutes les formes de magie, qu’elles touchent aux sortilèges ou à la métamorphose, avec un goût récent pour la vieille magie. Tout ce qu’il découvrait ouvrait sur de nouveaux domaines, de plus en plus vastes, à tel point qu’il doutait souvent d’en trouver les limites. Non, vraiment, il n’aurait pu se passer de ces grimoires et de leur contenu, et c’était l’une des rares choses dont il pouvait savoir gré à son père. Son père qui avait aussi développé son goût de la perfection, cette exigence envers soi et envers les autres qui ne tolérait pas la paresse de l’esprit…Une attitude intransigeante pas toujours comprise et qui le faisait paraître méprisant. Pas seulement paraître, d’ailleurs, rectifia-t-il mentalement. Il l’était vraiment. Il essayait de rectifier un peu de temps en temps, quand il y pensait, en se contentant d’afficher une indifférence royale. Sveltlana partageait de toute façon son point de vue. Si on n’est pas un minimum exigeant, on n’arrive à rien…Toujours viser le plus haut possible : on n’aura peut-être pas ce qu’on souhaite mais on sera toujours mieux loti qu’au départ.

Elle revint ensuite sur celui qu’il était autrefois, le gosse prétentieux disparu en grande partie deux ans plus tôt. Elle évoqua l’influence familiale…Oui, évidemment. Son père n’avait cessé de lui seriner qu’il était l’héritier de la grande famille des Louvière, héritier du château, de ses terres et de l’immense fortune familiale…qu’il serait plus tard le chef de famille comme lui-même, ce qui obligerait ses cousins à lui obéir, selon la tradition familiale. Comment ne pas tourner la tête à un enfant en lui faisant miroiter qu’il pourra avoir tout ce qu’il veut ? Leroy y avait cru et sa prétention vis-à-vis de ses cousins avait crû en proportion. De plus, il devait tenir son rang en toute circonstance : fierté, orgueil, en étant à l’aise dans n’importe quelle société, en soirée ou lors de dîners…Leroy faisait tout ce qu’il pouvait pour ne pas décevoir son père. Sans compter l’entraînement magique pas vraiment tourné du côté du bien… Les Louvière étaient connus pour leur puissance magique mais aussi pour leur orientation parfois un peu sulfureuse. Sang-pur aussi loin qu’on pouvait remonter dans leur arbre généalogique, aversion connue pour les Moldus, encore plus pour les nés-moldus…
Et pourtant, son statut n’avait pas empêché les brouilles de s’installer. C’était justement un de ses cousins qui lui avait ouvert les yeux sur la réalité. Non, les sang-pur n’étaient pas l’élite des sorciers ; non, il y avait autre chose que le pouvoir dans la vie ; non, l’héritage n’était pas ce qui comptait le plus… Son cousin avait continué à lui donner des conseils moraux jusqu’à ce que son père découvre toute la correspondance et le force à la brûler… La punition avait été mémorable mais Leroy avait continué à s’opposer seul à son père, qui s’engageait toujours plus dans les Mangemorts, en partageant complètement les idées de Voldemort.
Cela avait été difficile pour le Serdaigle de continuer à penser ce qu’il croyait juste avec les pressions constantes de son père pour le faire changer d’avis. Il était en permanence rabaissé, critiqué, son père profitait de la moindre faiblesse. A ses yeux, Leroy n’était jamais aussi doué, aussi intelligent, aussi ambitieux que lui au même âge.
Jusqu’au soir où tout avait éclaté entre eux, où la dispute avait dégénéré lorsque Leroy avait crié qu’il aurait préféré être le fils de n’importe quel Moldu ou né-Moldu. Le duel consécutif avait tourné à son désavantage et il avait dû fuir…
Certes, à force de vivre seul depuis deux ans, de devoir se débrouiller pour passer deux mois loin de Poudlard lors des grandes vacances, il avait forcément gagné en sagesse et en maturité. C’était nécessaire pour survivre mais aussi pour surmonter certaines blessures, ne pas se laisser dépasser par elles.
Il savait qu’il recroiserait forcément un jour son père et il fallait qu’il soit prêt. Donc pas de hâte excessive mais de la réflexion sur ce qu’il devait encore apprendre et, surtout, pour ne pas se faire prendre.
Il était aussi touché de la délicatesse de la jeune fille, qui ne voulait pas savoir ce qu’il s’était passé.

Sveltlana évoqua ensuite sa réserve, le fait qu’il se cachait. Pas faux là non plus. Il tenait à gérer seul ses problèmes ; cela ne regardait que lui : très rares étaient ceux qui pouvaient gagner sa confiance. Il ne voulait pas s’ouvrir aux autres, ni montrer ses faiblesses et ses doutes, ses inquiétudes.
La Serdaigle à côté de lui se tut. Elle avait raison sur toute la ligne, il était forcé de l’admettre, même si elle ne connaissait pas les détails. C’était étrange de réaliser qu’elle le connaissait si bien. Etrange aussi de se voir résumé en quelques phrases, de comprendre ce qu’il était aux yeux des autres. Bon, au moins, la réalité de son changement de comportement avait été un tant soit peu visible, c’était déjà ça de gagné. Dur de modifier par soi-même ce qui ne va pas.

-Tu as raison de bout en bout, tu es plutôt observatrice, reconnut-il. Et, non, en effet, nous ne sommes pas si différents…Nous avons choisi la même façon de nous protéger du monde. Je ne tiens pas vraiment à ce que les autres sachent ce qu’il y a en moi. C’est plus facile ainsi. Mais tu as fait plus d’effort que moi de ce côté-là, je crois.

Il haussa les épaules.

-Mais cela fait du bien de temps en temps aussi de pouvoir parler. Surtout à quelqu’un qui n’hésite pas à dire ce qu’il pense…Merci de ta franchise.

Il appréciait de plus en plus cette conversation, comme s’il retrouvait un peu la complicité nouée par les mots.

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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Svetlana Mikhaïlov le Lun 24 Oct - 16:46

Plus d’effort ? Il l’observait donc à ce point. Lana se sentait un peu gênée d’une telle attention, mais elle ne trouvait pas cela malsain, bien au contraire. C’était comme un soulagement, comme si quelqu’un savait qui elle était réellement sans se cantonner au masque. Ce n’était pas de sa faute, elle avait été élevée ainsi et il est très difficile de perdre cette habitude de garder au plus profond de soi ses émotions. Lorsqu’il la remercia, elle se contenta d’un simple hochement de la tête. Oui, elle avait été franche, elle l’avait toujours été. La franchise faisait partie de son caractère, quitte à blesser la personne. Peut importait. Elle laissa planer un petit silence, le temps de réfléchir à tout ça, à toutes ces révélations.

- Tu n’as pas à me remercier. J’ai beau cacher ce que je ressens, ce que je pense, quand on me demande quelque chose, ou quand on me parle tout simplement, je répond toujours avec franchise. La vérité … c’est une chose à laquelle je tiens. Mais jamais je ne forcerai quelqu’un à avouer, ni fouiner dans ses affaires. Si cette personne veut se confier, elle peut le faire et je l’écouterai jusqu’au dernier mot car je me dis que si quelqu’un le ferait pour moi, je serai très heureuse.


Et quelqu’un le faisait pour elle. Son correspondant … Mais il la connaissait tellement bien. Chaque fois, il savait envoyer ses lettres au bon moment pour la réconforter, faire taire ses doutes et répondre à ses questions. Qui était-il ? Cette question tournait en boucle dans son esprit, sans cesse, jour et nuit. Et plusieurs visage s’affichait dans sa tête et défilait, sans pouvoir s’arrêter. Elle avait fait tout Poudlard mais n’arrivait jamais à mettre le doigt dessus. Mais elle aimerait tellement le voir, face à face, pouvoir entendre sa voix, pouvoir l’entendre la rassurer de vive voix.

- J’aimerai te demander quelque chose, Leroy.

Elle tourna la tête vers lui, cherchant une quelconque approbation. Lorsqu’elle la trouva, sa main disparut dans son sac et elle en sortit la lettre. Son regard restait neutre, son visage insondable, mais au fond, elle bouillonnait d’impatience et si elle pouvait exprimer quelque chose à cet instant, ce serait une intense émotion.

- Il y a quelqu’un qui m’écrit depuis quelques temps déjà et je ne sais pas il est. Lui, il me connait mieux que personne.

Ses lèvres rouges se pincèrent et elle les mordilla légèrement, indécise sur les mots qu’elle allait employer.

- Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que je peux lui faire confiance. Mais j’aimerai vraiment savoir qui il est. Bientôt, je quitterai Poudlard et … je ne voudrai pas le perdre.

La reine des glaces faisait des confidences. Elle espérait qu’une chose, c’est que Leroy la prenne au sérieux et n’aille pas tout vendre aux autres. Mais pour le peu qu’elle le connaissait, elle savait qu’il n’était pas ce genre de personne.
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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Leroy de Louvière le Lun 24 Oct - 18:06

Il avait failli se trahir en mentionnant les efforts qu’elle faisait. Les mots lui étaient naturellement venus mais Leroy de Louvière n’était pas censé être au fait des confidences faites au correspondant anonyme. Cependant, Sveltlana ne s’y attarda pas et il poussa un soupir de soulagement intérieur. Elle-même paraissait plutôt soulagé qu’il la perçoive ainsi… son manteau de Reine des Glaces devait lui paraître bien lourd à certains moments, même avec un soutien. Il était lui-même familier de ce verrouillage constant, systématique des pensées pour ne laisser entrevoir que le minimum. Que quelqu’un comprenne sans qu’il y eût besoin de lui dire ce qu’il en était vraiment était un soulagement réel.
Il appréciait sincèrement sa franchise ; cela la distinguait nettement des autres, toujours avides de ragots et de commérages qu’ils pourraient répandre, sans se soucier de leur véracité. Sans même parler de cette peste de Gossip Witch dont il ne prenait même pas la peine de lire les publications. Il se rappelait le moment où il était revenu à Poudlard après les vacances de Noël de sa quatrième année, lorsque tout le monde avait voulu savoir où il s’était fait une pareille blessure. Il avait eu l’impression de se faire littéralement harponner par des gens à qui il n’avait jamais parlé auparavant. Et lorsqu’il les avait regardés, il avait vite réalisé que ce n’était pas la compassion ou quelque autre sentiment généreux qui les animait mais l’avidité d’entendre une nouvelle histoire qu’ils pourraient être dans les premiers à propager. Cela l’avait complètement écoeuré et il s’était complu à raconter une histoire différente à chacun, toutes aussi plausibles les unes que les autres, pour leur faire réaliser la sottise et la vanité de leur attitude. A l’époque, Sveltlana avait été l’une des rares à ne pas chercher à savoir ce qui s’était passé, à ne pas essayer de fouiner, malgré leur rivalité qui pouvait se montrer propice à ce genre de choses et il lui en avait été reconnaissant, sans jamais le lui avouer cependant.

-La franchise est une très belle qualité, précieuse aussi…C’est rare maintenant de rencontrer des gens avec une telle délicatesse, surtout dans certains milieux. Il en va de même pour la vérité, je ne supporte pas les mensonges.

Sveltlana paraissait perdue dans ses pensées. A ses derniers mots, il avait pu comprendre à qui cela la faisait penser. Son mystérieux confident… ce n’était pas vraiment un mensonge que de jouer un rôle, n’est-ce pas ? Juste une omission, en quelque sorte. Tant qu’elle ne lui posait pas de question sur lui, tout allait bien.
Elle reprit la parole pour lui demander si elle pouvait lui poser une question. Un peu surpris, le garçon hocha la tête et le regretta aussitôt en la voyant sortir la lettre, sa lettre, de son sac. Il se mordit les lèvres. Sur le coup, il aurait presque pu croire qu’elle venait juste de lire dans ses pensées. Il avait presque envie de lui dire qu’il ne voulait pas voir cette lettre, que sa correspondance ne le regardait pas… Sveltlana s’efforçait aussi de conserver une attitude neutre tandis qu’elle évoquait son mystérieux correspondant, se contentant de manifester son écoute par des hochements de tête.
Elle paraissait hésitante sur le choix de ses mots lorsqu’elle lui avoua qu’elle ne voulait pas perdre son correspondant. Elle n’avait rien à craindre, ce n’était pas lui qui irait répandre les secrets de quelqu’un dans les couloirs de Poudlard. Si quelqu’un le faisait envers lui, il le lui ferait payer chèrement.
Mais Leroy se retrouvait coincé. Il venait tout juste de lui dire qu’il prisait la vérité et qu’il ne supportait pas les mensonges. Comment pouvait-il lui dire en face qu’il ne connaissait pas la personne dont elle parlait ? De toute façon, il n’avait jamais bien su mentir. Mais pouvait-il lui dévoiler maintenant toute la vérité ? Il n’avait aucune idée de la façon dont elle le prendrait. Elle pouvait aussi bien se mettre à lui crier dessus que s’en aller ou accepter sereinement la chose…bien qu’il doutât quelque peu de ce dernier point. S’il n’avait pas été précisément cette personne qu’elle recherchait, il aurait apprécié à leur juste valeur les confidences qu’elle était en train de lui faire. C’était chose rare, surtout envers lui, et qui montrait qu’elle lui accordait une certaine confiance. Pouvait-il risquer de tout détruire en lui avouant la vérité ? D’un autre côté, si elle venait à l’apprendre par hasard, à un autre moment, elle ne lui ferait plus jamais confiance. Dilemme cornélien s’il en était.

Son silence prolongé devait lui paraître étrange. Leroy finit par relever les yeux pour la regarder. Il ne pouvait se taire plus longtemps. Il prit la parole, de façon un peu hésitante, en évitant de revenir sur la confiance qu’elle pouvait avoir en son correspondant…cela lui paraissait presque ironique, voire déplacé.

-Même si tu ignores qui il est, cela ne veut pas dire qu’il t’abandonnera après Poudlard. Pourquoi ton départ empêcherait-il votre relation ? Tu ne le perdras pas, je peux te l’assurer.

Il laissa passer un temps. Ses mots avaient dû surprendre sa condisciple à côté de lui. Il hésitait encore, pourtant. Il aimait tellement ce lien qui s’était créé entre eux au fil des lettres, il vivrait mal de le gâcher par sa seule faute. D’un autre côté, si ce lien était réel, pourquoi se déferait-il à l’annonce de la vérité ? Pourquoi ne lui résisterait-il pas ? Le Leroy de la lettre était le même que celui qui se tenait assis sur le sol de la tour d’astronomie, il n’y avait pas de dédoublement. Pour autant, ce n’était pas forcément une chose évidente à accepter.

-Si je peux te l’affirmer aussi nettement…eh bien…c’est parce que cette personne dont tu ignores l’identité, c’est moi.

Voilà, il l’avait dit. Il voulait poursuivre, essayer de se justifier. Il en fut incapable. Pour la première fois depuis un certain nombre d’années, les mots lui manquaient. Il attendit le verdict de Sveltlana tout en espérant qu’elle ne prenne pas la chose pour une plaisanterie de mauvais goût.

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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Svetlana Mikhaïlov le Mer 26 Oct - 16:52

Un long silence s’installa. Il est vrai qu’elle lui posait une colle. Et elle se sermonnait intérieurement. Qu’est-ce qui lui prenait de lui poser de telles questions… Idiote. Mais à sa grande surprise, il prit parole. Mais ce qu’il lui répondit fut pour le moins surprenant. Comment pouvait-il être aussi sûr ? Comment pouvait-il savoir qu’elle n’allait pas le perdre, qu’il ne l’abandonnera pas … Mais au fond, elle sentit son cœur se serrer et son souffle se couper. Etait-ce possible que … Lorsqu’il parla à nouveau, elle détourna la tête et posa son regard sur la lettre qu’elle tenait toujours entre ses mains.

Les mots résonnaient dans son esprit inlassablement. Lui c’était lui. Que dire ? Comment réagir ? Lana sentait une myriade de sentiment exploser en elle, aussi différents les uns des autres. C’était un affreux mélange qui l’empêchait de penser correctement. Cela faisait un moment qu’elle cherchait son identité, et maintenant qu’elle savait, elle ne savait plus quoi faire. C’était comme si elle avait été propulsé sur scène, devant un public qui l’observait et la déshabillait du regard. Nue, oui c’était le mot. Son regard pleyne restait fixé sur le parchemin noirci qu’il lui avait envoyé, comme si elle cherchait à faire des liens entre les mots et la personne. Comment ? Leroy …

Sa tête, au bout d’un long moment de silence, se tourna enfin vers lui. C’était comme si elle le voyait pour la première fois. Dès lors, elle y vit quelqu’un non plus de prétentieux, mais qui savait comprendre les autres, ou plutôt qui la comprenait elle mais …


- Pourquoi ? … Comment ?

Voilà ce qui franchit ses lèvres, ce qu’elle ne put répondre face à une telle révélation. Elle était à la fois heureuse, perturbée, en colère … Heureuse parce qu’elle savait qui il était et qu’elle était plus proche de lui qu’elle ne le croyait. Perturbée, car elle ne s’était pas préparée à cette soudaine confession. Elle aurait préféré que tout soit planifié, organisé, le temps qu’elle assimile la vérité, et elle aurait peut-être pu mieux réagir. Et en colère car il était son rival, comment avait-il peu savoir tout ce qu’il savait ? Son sang-pur lui avait-il permis de faire des recherches ? Avait-il fouiné dans sa vie privée ?

Et derrière ce pourquoi, il y avait tellement de question. Pourquoi lui, pourquoi avait-il fait ça, pourquoi l’avait-il aidé … et comment savait-il tout ça, comment avait-il réussi à cacher son double jeu … Elle revoyait tellement de moment avec lui, des évènements et son esprit fit certaines corrélations. Oui, c’était tout à fait possible. C’était même sûr. Elle se rappelait de ce moment où leur rivalité s’était affaiblie, où elle avait parfois senti son regard et c’était à ce moment-là qu’elle avait découvert ses lettres et où leur correspondance avait commencé.

Lana avait une folle envie de prendre ses jambes à son cou, de fuir, de partir lui de lui. C’était trop soudain, elle se sentit soudainement mise à nue, dévoilée, alors qu’elle cherchait à masquer ce genre de choses. Mais elle resta. Elle était tendue, et droite comme un i, mais elle resta.




édit : désolée pour la courte réponse, mais mon long post du départ a eu un bug et j'ai du tout recommencer ^^""
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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Leroy de Louvière le Sam 29 Oct - 19:23

[Dommage pour le bug! Ca m'est déjà arrivé; du coup, maintenant, je passe toujours par Word avant de poster, au cas où ^^]

Lorsqu’il se tut, Leroy observa les réactions de Sveltlana. Il espérait qu’elle ne le rejette pas même si elle en aurait parfaitement eu le droit. Elle se contenta de regarder la lettre qu’il avait écrite une heure plus tôt –il aurait dit il y a des jours. Il pouvait presque deviner les sentiments qui l’agitaient. Elle savait enfin qui lui écrivait ainsi et en même temps… Le charme de la chose s’était en grande partie envolé maintenant. Leroy aurait préféré garder son secret, lui dire la vérité plus tard, dans quelques mois, quelques années, quand le mystère n’aurait plus eu de raison d’être mais c’était trop tard maintenant, il n’avait pas voulu lui mentir. Il saurait bientôt s’il le regretterait ou non.

Pour l’instant, Sveltlana paraissait toujours sous le coup de la surprise. Elle devait s’attendre à beaucoup de choses mais pas à celle-ci. L’ancien rival devenu confident… Au moins, elle avait l’air de le croire, c’était l’essentiel. La jeune fille finit par relever la tête pour le regarder, et il dut se forcer pour ne pas détourner les yeux, par peur de voir ce qu’il trouverait dans ce regard pleyne. Elle le fixait comme si elle le voyait pour la première fois, comme si ces dernières années n’avaient pas existé ou qu’elle distinguait quelqu’un d’autre derrière les apparences. Il n’avait pourtant pas changé en soi, il était simplement plus facile d’aider les autres par l’écrit plutôt que par les mots. La plume abolissait beaucoup de frontières. Il était plus facile de se confier au parchemin qu’à la personne en face de soi.

Deux mots échappèrent à Sveltlana. Deux questions auxquelles il s’attendait en partie, mais après un éclat quelconque. Le garçon baissa un peu la tête, comme un enfant pris en faute, réfléchissant à sa réponse. Que pouvait-il dire, que devait-il dire ? Le « pourquoi » était assez aisé à solutionner, il avait simplement voulu l’aider. En lisant ses pensées et ses souvenirs, il avait compris ce qu’elle pouvait ressentir, d’autant plus qu’il avait lui-même des problèmes avec sa famille et que sa propre solitude lui pesait parfois. Il aurait bien aimé aussi avoir un confident ou une confidente sur qui se reposer, se décharger un peu en se sachant épaulé, soutenu. Mais ce rôle qu’il avait essayé de remplir lui avait aussi fait du bien en renforçant ses propres convictions, en lui permettant d’apporter un peu de bien et de soulagement à autrui.
La question du « comment » était en revanche nettement plus problématique. Pouvait-il lui avouer ainsi qu’il avait lu ses souvenirs ? Elle le prendrait sûrement mal et elle aurait raison. Il n’était pas certain que la légilimencie soit un talent très apprécié.

Leroy jeta un nouveau regard à Sveltlana. Elle avait l’air tendu, raide, comme si elle était sur le point de s’enfuir. Il lui sut gré de n’être pas partie, il ne voulait pas que tout finisse de cette façon, par sa faute. Il releva la tête pour lui répondre.

-En fait, je…j’ai découvert tout ce que je sais sur toi, un peu par hasard, par curiosité. Cela m’a permis de comprendre qui tu étais vraiment, qui se cachait derrière le manteau de la Reine des Glaces. Je comprenais ce que tu pouvais ressentir et je me suis dit que je pourrais peut-être…t’aider, dans la mesure de mes moyens. Tu en avais besoin et si je pouvais quelque chose pour toi, j’étais prêt à le faire. Les lettres…c’était plus facile que d’en parler directement, cela préservait les apparences, facilitait les choses. J’ai pris toutes les précautions pour que tu ne devines pas mon identité, en modifiant surtout mon écriture.

Les mots venaient difficilement. Il ne la quittait pas du regard, essayant de deviner ses réactions.

-Je suis désolé.

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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Svetlana Mikhaïlov le Mar 1 Nov - 16:41

La question qu’elle avait posé était idiote … surtout sur le comment. Avec la magie, il était facile de modifier son écriture et les multiples hiboux de Poudlard empêchaient de connaitre l’identité de l’expéditeur. Et le Pourquoi … ce qu’il répondit la toucha, mais l’effraya aussi. Chez les russes, la confiance est une chose rare, et la véritable amitié aussi. Et elle, elle s’était ouverte corps et âme à un anonyme. Pourquoi ? Parce qu’elle en avait besoin, se cacher derrière un masque peut être lourd à porter parfois et en cela, elle lui était reconnaissante. Mais le fait qu’il sache, que ce soit lui qui le sache. Ca la gênait et ça lui faisait peur. C’était soudain, tout était allé beaucoup trop vite.

Sans qu’elle ne puisse se contrôler, Lana se leva subitement et le regarda. Son visage était toujours aussi froid, mais les traits étaient tendus et à son regard, on pouvait voir qu’elle était perdue. La Reine des Glaces ne pouvait se retenir devant lui, devant Leroy qui savait presque tout d’elle. Elle savait qu’il savait, alors à quoi bon se cacher. Mais elle était tellement perdue qu’elle ne put dire un mot et qu’elle se dirigea vers la sortie, le pas vif et rapide. Une fois la porte franchit, elle la ferma et s’adossa à elle. Que dire, que penser. Elle n’en savait strictement rien. Jamais personne ne l’avait troublée à ce point et c’était vraiment déstabilisant. Une fois seule les questions se précipitaient dans sa tête. Comment avait-il fait pour savoir ce qu’elle ressentait ? Jamais elle n’avait rien exprimé, et c’était d’autant plus difficile de savoir ce qu’elle ressentait vis-à-vis de sa famille, mais surtout de son père. La peur qui lui tiraillait le ventre, la peur de rentrer et de voir la marque des ténèbres au-dessus de sa maison, la maison vide et son père au milieu, marqué au fer rouge de ce sombre emblème, et elle, obligée de suivre. Elle n’était pas courageuse et ne savait se défendre … la défense n’est pas son point fort, loin de là. Comment avait-il fait pour la comprendre ?

La jeune russe se laissa glisser contre la porte, lentement, jusqu’à ce qu’elle se retrouve assise sur la dernière marche, la tête appuyée contre la porte, les yeux fermés. Que penser et que faire ? La réponse vint d’elle-même. Anonyme et Leroy ne faisaient qu’un … Leroy était celui qui avait su trouver les mots pour la rassurer, il restait son correspondant. Il n’avait pas changé. Silencieuse, elle essayait d’entendre ce qu’il pouvait faire, mais rien ne parvint à ses oreilles. Lui aussi devait être aussi perdu qu’elle. « désolé », voilà ce qu’il avait. Désolé d’avoir caché la vérité et de la lui révéler si soudainement. Mais Lana ne pouvait que lui pardonner. Pourquoi lui en vouloir d’avoir voulu la comprendre … jamais personne ne l’avait autant compris et en cela, elle ne voulait pas le perdre.

Que faire ? Elle n’eut même pas à réfléchir plus longtemps. Sa main alla chercher rapidement la lettre qu’il lui avait écrite et, au lieu de la relire encore et encore, elle retourna le parchemin et prit sa plume.


« Je ne veux pas te perdre, Leroy. »


Rien que le fait de marquer Leroy sur le parchemin, montrait qu’elle l’acceptait comme correspondant, qu’elle ne le rejetait pas. Elle avait besoin de lui, et plus qu’elle ne le croyait auparavant. A vrai dire, maintenant, elle savait à quel point il comptait à ses yeux, peu importe son identité. Mais lui, maintenant qu’il lui avait dit la vérité, allait-il changé ?

Lana glissa la feuille de parchemin par le bas de la porte, et elle attendit, elle attendit qu’il lui réponde, comme toutes les autres fois … comme avant !
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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Leroy de Louvière le Mer 2 Nov - 12:44

Pour une fois, Leroy était à même de déchiffrer les émotions de Sveltlana sur son visage. Elle paraissait presque effrayée…ce qui n’était guère étonnant devant les confessions qu’il lui faisait. Comment aurait-il réagi lui-même dans une telle situation ? Plus brutalement, sans doute, il se serait certainement mis en colère, serait parti en claquant la porte…avant de regretter et de se mettre à réfléchir. Pour l’heure, il était loin d’être à l’aise, il craignait surtout les réactions de la Serdaigle. Il ne voulait pas la perdre, pas plus que cette correspondance qui s’était établie aisément entre eux.

Elle se releva brutalement une fois qu’il se fut tu et le regarda un instant. Dans ses yeux, il pouvait lire le reflet de ses propres sentiments : elle avait l’air aussi perdu que lui, incapable qu’il était de décider de ce qu’il fallait dire ou faire. Puis elle se détourna et, d’un pas rapide, franchit la porte, qui se referma dans son dos, le laissant assis seul au sommet de la tour. Le garçon resta figé un moment, trop surpris pour bouger, les yeux fixés sur le battant comme s’il espérait qu’il allait se rouvrir. Puis il se secoua, voulut se lever, lui courir après, la rappeler, s’excuser de nouveau, lui expliquer…lui parler, d’une façon ou d’une autre. Mais à quoi bon ? Elle avait fui, n’était-ce pas qu’elle ne voulait plus avoir affaire à lui ? Peut-être aussi avait-elle besoin de temps pour assimiler tout ce qu’il lui avait dit ? Il se sentait perdu, ne savait plus que penser. Désolé, il l’était vraiment. A présent, une seule chose apparaissait certaine : il avait tout gâché, par sa propre faute. Tout ce qu’il voulait éviter était précisément arrivé… Un talent qu’il développait de plus en plus, à ce qu’il lui semblait, pensa-t-il avec un certain cynisme envers lui-même. N’aurait-il pas mieux valu lui mentir, le temps de réfléchir à une manière d’avouer la vérité ? Mais il était trop franc pour cela. De toute façon, il était trop tard maintenant. Il ne pouvait pas retourner en arrière, ni effacer le cours des dernières minutes.

Il se releva avec lenteur et alla s’appuyer contre les créneaux de la tour. Il voulait seulement aider Sveltlana, la soutenir…Mais s’il était facile d’accepter l’aide d’un inconnu, il était plus dur de reconnaître celle apportée par une connaissance, surtout celle d’une relation parfois portée par l’ambiguïté. Leroy soupira, plus triste qu’il ne souhaitait se l’avouer, un peu déçu aussi, même s’il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même. Il appréciait beaucoup cette amitié qui s’était construite petit à petit entre eux et il y avait mis beaucoup de lui-même…il devrait peut-être essayer de se rapprocher de nouveau de Sveltlana. Il espérait qu’elle finirait par comprendre. L’inconnu et Leroy étaient une même personne ; de fait, il ne devrait rien y avoir de changé entre eux. Sauf que ce n’était pas lui qui risquait de modifier son comportement mais elle.

Il ne lui servait à rien de rester là à se morfondre et à regretter ce qu’il avait pu faire. Il vaudrait mieux qu’il redescende, qu’il laisse passer quelques heures ou quelques jours avant de tenter de reprendre contact avec Sveltlana. Le garçon se dirigeait vers la porte lorsqu’il aperçut le morceau de parchemin qui dépassait de sous la porte. La lettre qu’il avait écrite plus tôt dans la journée. Avait-elle voulu la lui rendre, se débarrasser de ce qui la liait à lui ? Cela lui fit mal. A contrecœur, Leroy se pencha pour la ramasser et eut un sursaut en apercevant l’écriture de Sveltlana au dos du parchemin. Se pouvait-il que… ? Le Serdaigle lut la phrase en un éclair.
« Je ne veux pas te perdre, Leroy ».
Un grand sourire éclaira le visage du garçon. Elle n’avait pas fui, finalement…et elle voulait garder le contact avec lui ! Ses appréhensions des dernières minutes disparurent en un instant. Et si elle avait laissé ainsi le parchemin, c’est qu’elle devait attendre une réponse. Leroy fut tenté d’ouvrir la porte de la tour mais il comprit vite que ce n’était pas la bonne solution. Ce n’était pas par la parole qu’ils communiquaient le mieux tandis que par les mots… Sans cesser de sourire, Leroy retourna s’asseoir à l’endroit où il avait laissé sa sacoche, en sortit une plume et de l’encre. Il se concentra un instant puis répondit à la suite de la phrase de la jeune Russe.

Et si tel est ton choix, tu ne me perdras pas, Sveltlana. Pourquoi serais-je maintenant différent de celui qui t’écrivait il y a quelques heures à peine ? J’ai toujours les mêmes idées, les mêmes avis…je ne t’ai jamais menti et je n’ai pas changé, rassure-toi sur ce point. Ton correspondant n’est plus anonyme, certes, mais il ne prendra pas la fuite. Quoi qu’il arrive, je reste Leroy et je crois que je ne pourrais pas faire grand-chose pour y remédier.
De même que je te l’ai dit tout à l’heure, je ne te laisserai pas plus tomber aujourd’hui qu’après Poudlard, si tu ne le veux pas. Pourquoi la distance ou la vérité devraient-elles changer quelque chose entre nous ? Tu vois, tu es à peine sortie qu’on reprend déjà nos échanges épistolaires ! Ca nous manquerait si on arrêtait, tu ne penses pas ? De mon côté, je crois vraiment qu’on peut continuer comme avant…ou se parler plus souvent, si tu préfères.

A ta disposition, comme toujours,
Leroy.

Il avait hésité à signer ; cela lui paraissait étrange même à présent. Il se décida également pour ne pas modifier son écriture ; de toute façon, certaines manières de tourner les lettres restaient semblables malgré les modifications qu’il apportait.
Leroy relut rapidement ce qu’il avait écrit…c’était peu de chose, mais il tenait surtout à rassurer Sveltlana et à ne pas prendre trop de temps pour lui répondre, si elle attendait véritablement derrière la porte. Il ne voulait pas donner l’impression qu’il avait hésité à répondre.
Le Serdaigle plia de nouveau le parchemin, s’approcha de la porte et le glissa dessous.

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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Svetlana Mikhaïlov le Mer 2 Nov - 21:23

Nous pouvons vivre seuls, pourvu que ce soit dans l'attente de quelqu'un. Et Lana attendait Leroy. Cela faisait une bonne minute qu’elle avait glissé la lettre sous la porte, mais elle n’avait entendu aucun bruit de pas. Sur le coup, elle se mordit les lèvres : peut-être qu’elle n’aurait pas dû fuir ainsi, elle avait eu tort. La jeune russe ferma les yeux, pensant qu’elle avait tout gâchée … comme beaucoup d’autres choses dans sa vie à cause de son caractère froid et lâche. Puis, elle l’entendit enfin bouger, des bruits de pas lents qui se rapprochaient d’elle, puis qui s’arrêtèrent soudainement. Lana s’arrêta de respirer, sans vraiment sans rendre compte, tendant l’oreille pour épier ses gestes et « voir » sa réaction. Au début, elle crut qu’il n’allait jamais prendre le parchemin, et puis finalement, tout se précipita. Elle l’entendit se précipiter sur son sac et sa plume gratter avec vivacité le papier vieilli. Lana se sentait comme une enfant qui n’avait qu’une envie, se ruer sur son cadeau de noël, déchirer le papier pour en découvrir le contenu. Et finalement, le cadeau arriva.

Le sourire aux lèvres, elle lut les quelques mots qu’il avait griffonné avec avidité. Relisant encore et encore sa réponse. Décrire sa joie serait impossible. Il n’y avait pas de mot pour exprimer ce qu’elle ressentait à ce moment. Rien que les premiers mots lui mirent du baume au cœur. ‘’Tu ne me perdras pas’’. C’était un immense soulagement, elle avait un appui auquel elle tenait énormément et qui ne la quitterai pas, qui resterai auprès d’elle chaque fois qu’elle en aurait besoin. Il avait raison, Leroy n’était pas différent du correspondant, il était cette même personne qui avait su lui redonner du courage, l’aider à affronter ses peurs. Et oui, à peine s’étaient-ils quitté qu’ils reprenaient leurs échanges de lettres, tous assis derrière une porte. Quelqu’un d’extérieur à tout ça les aurait pris pour des fous, mais ces gens-là ne pouvaient pas comprendre.

Ecrire, c’était la seule chose qu’elle pouvait faire pour exprimer ce qu’elle ressentait au plus profond d’elle-même, une chose qu’elle pouvait difficilement faire dans un face à face. Lana avait toujours été ainsi, depuis sa plus tendre enfance et c’est son père qui l’avait obligé à être ainsi. « Ne laisses jamais les autres savoir ce que tu penses. Ils pourraient te détruire. Gardes ces choses secrètes au plus profond de ton être et ne les montres jamais. ». Elle se rappelait encore de cette phrase qu’il lui avait dite juste avant qu’il ne rencontre sa noble famille russe, et elle avait compris le sens de ses paroles.

Mais vite, l’heure n’était pas de se perdre dans les méandres de ses pensées, mais de répondre à Leroy. Plume en main et encrier tout près, elle écrivit.


« Merci de m’avoir dit la vérité, Leroy. Maintenant, je sais mettre un visage sur cette personne qui m’a tant aidée depuis quelques années. Et même si nous étions rivaux, nous avons beaucoup changé, l’un comme l’autre et je dois t’avouer que tout à l’heure j’ai pu voir vraiment que toi, Leroy, et le correspondant, vous n’êtes qu’une seule et même personne … avec un peu de recul. On se comprend, en tout cas c’est l’impression que j’ai. Mais dans cet échange, je ne suis pas la seule à avoir des problèmes, alors si tu veux trouver une oreille et des lèvres muettes, je serai là. »


Lana se relut quelques instant avant de poursuivre. Oui, elle lui proposait de se confier, enfin, de lui parler tout simplement de ses problèmes s’il en ressentait le besoin. La jeune russe n’était pas du genre fouineuse, certes curieuse mais pas fouineuse. Si Leroy ne voulait pas parler de ses problèmes ni de sa vie, ce n’était pas un problème, rien ne changerait.



« J’aimerai continuer nos échanges épistolaires … c’est pour moi la solution la plus simple pour exprimer ce que je ressens. J’ai toujours été habituée à ne rien montrer ni à trop parler, ces choses-là ne sont pas faciles à changer. Mais, le fait de te parler par écrit me donne vraiment confiance, alors j’aimerai aussi pourvoir te parler.

Au plaisir de te lire, comme toujours … et de t’entendre.
Lana

PS : jolie écriture »


Laisant un peu le temps à l’encre de sécher, Lana plia le parchemin et la glissa, laissant légerment ses doigt dessus pour le sentir prendre la lettre.
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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Leroy de Louvière le Jeu 3 Nov - 1:27

Il était resté près de la porte, afin de savoir si elle était toujours là, si elle répondrait encore. Il eut un sourire en voyant l’extrémité du parchemin achever de disparaître sous le battant. Peu de temps après, se fit entendre le bruit caractéristique de la plume grattant le parchemin. Leroy alla chercher ses affaires puis s’installa sur le sol de pierre à côté de la porte. Drôle de situation, ne put-il s’empêcher de penser. Elle et lui, de part et d’autre d’un vantail de chêne massif, en train de s’écrire…mais pourquoi pas ? C’était plus facile de discuter ainsi et cela ajoutait un petit quelque chose à la discussion, quelque chose comme un secret d’enfant, qui garde un léger parfum de mystère et dont le charme demeure. De fait, Leroy se sentait comme un gamin, pour qui tout est jeu et en même temps terriblement sérieux, comme ces promesses solennelles échangées le soir, avec la foi inébranlable des enfants. Il ne s’agissait pas vraiment d’une retombée en enfance, car il n’avait jamais été ce gamin avide de jeux mais c’était le sentiment qui l’habitait en cet instant.

Un léger glissement se fit entendre et le parchemin apparut une nouvelle fois sous la porte, dépassant de moitié. Leroy laissa passer un instant, afin de se retenir de se ruer sur la lettre, de se donner le temps de voir la plume courir encore sur le vélin, d’imaginer ce qu’elle avait pu écrire. Puis il tendit le bras et saisit doucement le parchemin, à peine sec des derniers mots écrits. Il lut sa réponse avec une joie non dissimulée…et en même temps, une soudaine appréhension. Il était content d’avoir pu lui avouer la vérité et de constater qu’elle le prenait aussi bien, qu’elle acceptait qu’il soit cette personne sur laquelle elle s’appuyait depuis si longtemps maintenant.
Il leur était aisé de se comprendre : ils avaient de nombreux traits de caractères en commun et présentaient tous deux la même protection face au monde…Cette froideur, cette attitude hautaine qui dissimulaient mieux que tout les blessures intérieures.
Et voilà que maintenant, elle lui proposait de se confier à elle. Le confident invité à se confier…Retournement de situation qu’il n’avait pas prévu. Il n’avait quasiment jamais parlé à quiconque de sa vie privée. C’était sa vie et lui seul avait droit de regard dessus. Hors de question de l’évoquer, de l’exposer. Il ne voulait pas avoir l’impression de demander de l’aide, il voulait se débrouiller seul pour montrer qu’il en était capable. Et en même temps, il avait été à même d’apprécier quel précieux soutien pouvait être une plume amie, compréhensive, par les réactions de Sveltlana à ses lettres.
Elle ne lui avait pas retiré sa confiance ; en échange, il devait lui témoigner cette même loyauté. Par crainte de la perdre ? Non…plutôt pour établir un nouvel équilibre dans leur relation.

Leroy posa le parchemin sur ses genoux et se mit à écrire.

Merci surtout de ta confiance, Sveltlana. Je ne peux pas te dire à quel point je suis heureux de voir que tu veux toujours correspondre avec moi, heureux aussi d’avoir pu t’aider ainsi. Alors, on continue, par écrit ou par la parole, selon ton choix. Ou les deux aussi. Il me semble que nous nous comprenons, oui ; nous n’étions pas rivaux pour rien, finalement ! Et j’aime bien ce que tu es devenue.


Se ressemblaient-ils déjà assez pour être intéressés, curieux l’un envers l’autre plutôt que de se témoigner une simple indifférence ? Peut-être.
Il préférait lui laisser le choix de la parole ou de l’écrit, il ne voulait pas l’obliger à rouvrir cette porte mais lui en laissait l’initiative. Le premier pas était toujours le plus dur mais il fallait le franchir. C’était du moins sa vision de la chose.

Leroy hésita quelques secondes, plume en suspens, pesant ce qu’il pouvait lui dire ; il n’était pas aisé de confier certaines choses, même au parchemin. Et il s’était tellement replié ces deux dernières années…Il lui était difficile de parler de lui.

Je comprends aussi ta préférence pour l’écrit, on ne m’a jamais encouragé à dire ce que je pensais, ni même demandé de m’exprimer… Du coup, même ici, j’ai du mal à évoquer mes problèmes. Mais je reconnais que j’en ai besoin.
Tu sais que je viens d’une famille de sang-pur…j’ai partagé leurs idées un temps, ces idioties sur la valeur du sang, je n’avais pas d’autre vision du monde à l’époque. La magie noire m’attirait aussi et mon père me poussait vers elle. J’étais fasciné par le pouvoir…et j’ai failli me laisser entraîner. Tu sais que j’ai pris du recul, tu as vu que j’avais changé : on m’a rattrapé à temps, sinon je serais devenu invivable, je crois. Mais à partir de ce moment, mes relations avec mon père se sont dégradées…


Nouvel arrêt de la plume. Les phrases qu’il venait d’écrire lui paraissaient brouillonnes, maladroites ; il s’étendait pour ne pas dire grand-chose, pour ne pas dire tout de suite ce qu’il en était vraiment. Il reprit de façon plus rageuse.

Enfin, en un mot comme en cent, il s’est rapproché toujours plus de Voldemort et de ses sbires…au point de finir par les rejoindre. Il voulait que j’en fasse également partie. J’ai refusé, ça s’est mal passé. Je suis parti de chez moi…tu sais, ces vacances où j’ai reçu cette stupide blessure. Un joli cadeau de départ de mon père.


Se retrouver à la rue à quatorze ans, sans rien ou presque, avait été difficile…mais le plus dur avait été cette impression de trahison par son père. Il savait qu’ils s’entendaient mal mais au point de le renier, d’avoir failli le tuer… ? Il avait seulement oublié un instant que, pas plus que les autres familles de sang-pur, les Louvière n’admettaient les traîtres à leur sang dans leurs rangs. Il n’empêche que cela lui pesait, il aurait tout donné pour avoir une famille à peu près normale.

Traître à mon sang, voilà ce que je suis maintenant pour ceux qui ont autrefois été ma famille. Mon père me recherche pour me faire rentrer dans le rang, comme il dit, mais je n’ai pas l’intention de me laisser faire.
Des problèmes qui sont presque devenus monnaie courante maintenant… Désolé de t’avoir ennuyée avec cela, je connais déjà les soucis que tu rencontres avec ta propre famille...


Il avait dit l’essentiel. Pas la peine d’évoquer sa mère, c’était un autre problème, et de celui-là, il ne voulait pas parler. C’était déjà assez difficile d’avouer que son père était un Mangemort ; Leroy ne voulait pas qu’on le juge là-dessus.
Il ajouta une dernière phrase de conclusion, signa, souffla sur le parchemin pour le sécher, évita de se relire pour ne pas avoir la tentation de tout déchirer. Puis il le glissa de nouveau sous la porte.

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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Svetlana Mikhaïlov le Jeu 3 Nov - 23:29

L’oreille collée sur la porte en chêne, Lana l’écoutait gratter sur le morceau de parchemin, épiant aussi le moment où il glisserait sa réponse. Non pas qu’elle était curieuse de connaitre sa vie privée, loin de là. S’il lui en parlait, elle l’écouterait, ou le lirait avec attention, mais s’il ne le faisait pas, ce n’était pas grave. C’était plutôt une hâte de le lire, tout simplement. Lana avait toujours attendu ses lettres avec impatience, avant qu’elle ne sache qu’il s’agissait de Leroy, pourquoi cela changerait. Pendant un instant elle n’entendit plus rien et cela l’inquiétait un peu. Voilà l’effet que pouvaient faire plusieurs dizaines de lettre sur son cœur de glace. Et les petits grattements reprirent, mais ils étaient plus rapides, plus violent. Que pouvait-il bien écrire ? Lana imagina mille et une phrases possibles, mais bientôt, elle put lire ses mots.

Elle n’était pas surprise de son contenu, et elle n’eut aucun jugement. La plus part des familles de sang-pur, pas toute évidemment, étaient plus ou moins derrière le Lord Noir. Non, elle ne pouvait pas dire, ni écrire, ni lire son nom, cela provoquait chez elle une grande terreur. Quand allait-il se rendre chez elle, tuer sa mère et convaincre son père de le rejoindre … bientôt, cela ne serait tarder. Et son père n’était pas quelqu’un de très courageux … tout comme elle. Si elle rentrait, elle devra suivre son père, sans rechigner, ou alors partir, partir loin et ne jamais revenir. Ou alors trouver quelque chose à Poudlard pour rester dans son cocon réconfortant. Mais il y avait quelqu’un qui attendait sa réponse, alors elle devait arrêter de se morfondre dans ses pensées. Plume en main, elle se mit à écrire.


« Comme tu l’as dit, rien n’a changé. Sur le coup j’ai été surprise, gênée aussi, c’est pourquoi j’ai fui, lâchement. Mais je ne peux pas me passer de toi. Depuis le temps que l’on correspond …



Elle fit une pause aussi, cherchant les mots à écrire à propos de son passé, mais au final, elle préféra ne pas trop penser, traduisant sur papier ce qu’elle pensait vraiment, sans faux semblant, la pure et simple vérité.


Tu sais, beaucoup de personne auraient pu agir comme toi. Qui n’est pas attiré par le pouvoir un jour ou l’autre ? Le Seigneur des Ténèbres est puissant et ses promesses de pouvoir nombreuses, beaucoup se laissent tenter. Mais toi, tu as su voir au-delà de tous ces serments, voir derrière ce pouvoir et tu as trouvé le courage de te dresser contre ta famille. Ne dis pas que cette blessure est stupide, elle témoigne de ton courage à t’opposer à ton père. Elle te rappelle peut-être de mauvais souvenir, mais à chaque fois que tu la regarderas, ta force grandira. Il n’y a jamais de mauvaises blessures.



Avait-elle bien fait de dire cela ? Lana se le demandait, mais au moins, elle s’était montrée franche, même si elle n’avait pas – et n’aura jamais – le courage de Leroy.


Et tu ne m’ennuies pas, loin de là. Je comprends maintenant comme tu as pu si bien me comprendre moi. Dans ma famille, ils disent que je suis une traitre à mon sang, une tare, mais en arrivant à Poudlard, je me suis mis en tête de me hisser leur hauteur, de leur montrer même que je valais mieux qu’eux. Toi Leroy, tu n’es pas plus que moi un traitre à ton sang, tu vaux bien plus que cela, j’en suis certaine.



Ils pouvaient se comprendre, alors ils pouvaient s’entraider. Des rivaux qui se liguent contre leur famille, contre un but commun. Cette idée lui arracha un sourire en coin. Mais elle ne glissa pas encore la lettre, elle avait une dernière chose à écrire. De toute façon, le dos du parchemin était déjà complètement noirci, Leroy ne pourrait plus répondre.


Continuons à parler en retournant dans notre salle commune, si tu le veux bien. »



Puis elle glissa le papier sous la porte et se releva, sac à l’épaule. L’oreille collée contre la porte, elle attendait qu’il finisse sa lecture, relisant mentalement ses propres mots. Puis, quand elle sentit que c’était le bon moment, qu’il avait fini de lire la lettre, sa main se posa sur la poignée de la porte et la tourna. La lumière du jour failli l’éblouir, mais Leroy lui faisait de l’ombre. Elle lui offrit alors un petit sourire, gêné certes, mais un sourire tout de même.
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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Leroy de Louvière le Jeu 12 Jan - 21:09

[Toutes mes excuses pour le temps que j'ai mis à te répondre...les dernières semaines du semestre se sont enchaînées à une vitesse folle et ce n'est que maintenant que j'ai pu prendre le temps de te répondre...et ce n'est pas bien long.]

Leroy attendait avec impatience la réponse de Sveltlana. Qu’allait-elle penser en lisant ce qu’il avait écrit ? Qu’allait-elle répondre ? Peut-être aurait-il mieux fait de se taire…Mais non, il la connaissait, c’était Sveltlana, il pouvait lui faire confiance ! Si elle avait dû le fuir, elle l’aurait fait pour de bon tout à l’heure. Un moment s’écoula avant qu’il n’entendît le grattement de la plume sur le parchemin. La jeune fille s’arrêta une fois ou deux dans sa rédaction avant de s’interrompre définitivement. Lorsque la lettre fut glissée sous la porte, Leroy hésita à la prendre. Mais il était déjà allé bien loin, trop peut-être ; il n’était plus vraiment temps de reculer. Il ramassa le parchemin, désormais complètement noirci par l’encre de leurs échanges.

La sincérité des mots de la Serdaigle le frappa tout d’abord. Sans faux-semblants, elle lui disait ce qu’elle pensait réellement à propos de ce qu’il avait fait. Mais il avait du mal à croire qu’elle avait raison même si ses mots le réconfortaient. Son courage… courage d’avoir résisté ou lâcheté d’avoir fui ? Courage de s’être échappé ou lâcheté de ne pas être revenu régler ses comptes, d’attendre en se disant que c’était parce qu’il avait besoin d’entraînement ? Courage, lâcheté, il hésitait toujours, tout en se promettant de revenir une fois prêt… Finalement, tout cela n’était qu’un point de vue, bien relatif. Néanmoins, les mots de Sveltlana lui procuraient du bien, en confirmant ce dont il essayait de se convaincre. Quant à sa cicatrice, il avait toujours tendance à la cacher. Il n’en avait pas vraiment honte mais c’était par rapport à ce qu’elle représentait. Que n’importe quel Mangemort ou mage noir la lui ait infligée, il ne l’aurait pas vécu ainsi, mais que ce soit son propre père qui se soit ainsi retourné contre lui… Non, il y avait encore trop de choses derrière cette marque pour qu’elle soit une source de force et non de colère ou de tristesse. Peut-être qu’un jour, il pourrait envisager les choses autrement mais pour l’heure, il en était incapable.

Tout en songeant, il continuait de parcourir la lette. Il savait que sa condisciple était considérée comme une traître à son sang par sa famille, comme lui l’était désormais. Il espérait, comme elle le disait, valoir davantage que cela et c’était bien ce qu’il s’était employé à prouver en partant de chez lui pour vivre et non pour subir l’existence infligée par son père. Il entendait bien défendre son idéal par tous les moyens possibles et leur montrer que, même dans les pires familles, on pouvait encore trouver un peu de bien, même si ce n’était pas grand-chose. Il n’était pas bien certain d’y parvenir encore mais s’y employait.
Sveltlana et lui se comprenaient bien finalement.

Leroy arrivait maintenant à la fin de la lettre et il lut la proposition de Sveltlana en souriant. Il ne disposait plus d’assez de place pour répondre, il prit donc le parti de ramasser ses affaires et d’aller rouvrir la porte mais la jeune femme le devança. Le battant pivota devant lui et il se retrouva face à Sveltlana. Elle avait bien calculé le temps qu’il lui faudrait pour terminer la lettre… Elle lui adressait à présent un sourire quelque peu gêné, à moitié éblouie par le soleil.
Leroy lui rendit son sourire, d’abord tout aussi embarrassé que le sien, puis il prit davantage confiance et son sourire s’élargit pour devenir un vrai, beau sourire qui exprimait ses remerciements pour sa confiance et la volonté que leur amitié continue de se construire.
Sans un mot, il prit la main de Sveltlana et l’entraîna dans l’escalier de la tour d’astronomie, vers l’intérieur du château.

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Re: (terminé) Anonyme et Monsieur Français ... | Leroy

Message  Svetlana Mikhaïlov le Dim 22 Jan - 0:33

(pas de soucis, je suis dans la même galère, je clos ici et on fera un autre Rp autre part:D)
(ce sera court aussi :/)

Son sourire valait de l'or pour elle, et Lana sentit une bouffée de chaleur monter en elle, une chaleur qu'elle ressentait avec très peu de personne. Alors sans qu'elle ne s'en rende vraiment compte, son sourire se dévoila. Son vrai sourire, celui qu'elle gardait au plus profond d'elle même, celui qu'elle cachait secrètement. Lana se sentait bien, vraiment bien et tous ses soucis, elle les oublia. Leroy avait toujours été la pour elle, par ses lettres, et elle avait la sensation que cela allait continuer. Elle l'espérait vraiment.

Remerciement, confiance et le bonheur d'une amitié qui continue, par la correspondance et par la parole. C'était ce qui se reflétait chez lui, et chez elle aussi. Avait-on dejavu deux personnes aussi semblables ? Sveltlana avait vraiment l'impression de le connaitre et d'être comprise. C'était l'osmose. Et l'apothéose vint au moment où il prit sa main et l'emmener à travers les couloir de Poudlard. Pas besoin de mots. Ses joues prirent une légère couleur rouge, mais son regard restait fixé sur leurs mains jointes. C'était agréable ! Ils quittèrent la tour d'astronomie et retournèrent dans la vie Poudlarienne. Pendant un instant, Lana pensa à retirer sa main, par peur du regard des autres. Pendant un instant, elle pensa à enlever ce sourire de ses lèvres pour retrouver son masque de marbre ... Mais il n'y arrivait pas, elle ne le voulait pas.

Qu'ils aillent tous au diable ! Elle s'en foutait. Il n'y avait que Leroy, lui qui la comprenait, qui l'avait tant aidé ... Qui était son ami ... Ami ...
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